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Un élève de Leblond, nommé Robert, imagina une autreméthode, en employant seulement la gravure en taille-douce.Deux planches suffisent à ce genre de gravure: elles sont gra-vées à l’eau-forte et au burin; la première imprime le noir, laseconde le rouge, et l’épreuve sort de la presse comme un des-sin à deux crayons. Les planches d’un Traité d’anatomie dumédecin Pierre Tarin, imprimé à Paris, sont gravées dans cegenre.
Gautier, de l’Académie de Dijon, arriva vers cette époqueà Paris avec un procédé semblable à celui de Leblond. Il suc-céda, à la mort de ce dernier, à son privilège, et vit ses pro-cédés adoptés et pratiqués. Nous empruntons à une lettre deGautier la description de sa méthode: « Je me sers, dit-il, dequatre couleurs pour imiter tous les tableaux peints à l’huile,savoir, du noir, du bleu, du jaune et du rouge; ces quatre cou-leurs et le blanc du papier forment toutes les autres nuancespossibles; c’est pourquoi je grave quatre planches, sur lesquellesj’applique ces quatre couleurs qui doivent, par leurs différentesnuances, former le tableau...
« Ma première planche ne porte que le noir. Elle est gravéepour tous les tons de cette couleur dans le tableau; elle sertencore à produire toutes les teintes grises, qui 11e peuventêtre faites que par cette seule couleur avec le blanc du papier.•Je passe d’abord sous la presse cette première planche, quifait sur le papier une espèce de lavis à l’encre de Chine; en-suite je passe ma planche bleue qui, avec le secours de la pré-cédente, fait un camaïeu noir et bleu, et dans lequel on trouveune grande quantité de teintes composées de ces couleurs.
« Je passe sous la même feuille la planche jaune, qui faitavec les teintes précédentes le jaune, le vert clair, etc. ; elle faitencore, avec le secours des teintes noires primitives, les terresbrunes, etc.-Après, je passe ma planche rouge, laquelle produitle rouge et avec les teintes des trois autres, les pourpres, lesoranges, etc. (') »
Gautier a gravé de cette manière des planches anatomiqueset autres qui ne sont pas sans mérite.
(p Réc. d’obs. sur la peint, el sur les tableaux par ;V1. (le Boze, 1753.