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La Cour s’enoffense, lePeuple & leParlement yapplaudis-sent.
Talon, Part.i.vol. 1-íag.* 95 -
HISTOIRE
,, C’e st, Sire, le véritable sujet de la délibération de la Compa-„ gnie, & de la commission qui nous a été donnée. Vôtre Parlement» aïant cru, que dans une occasion si importante, la Postérité lui repro-„ cheroit avec justice, d’avoir refusé son intercession aux plaintes de deuxi3 Princes du sang & du Gouverneur de Normandie , sur le sujet de leur„ emprisonnement, qui montre, ce semble, la condamnation d’une pri-sa son perpétuelle , & qui prive la France du secours qu’elle pouvoit &„ qu’elle devoit espérer de leurs services & de leur courage. Les pier-„ res qui les enferment font capables de s’élever, & de porter leurs plain-„ tes íi haut qu’elles seront entendues dans toutes les Provinces, & les« exciteront pour travailler à leur soulagement.
„ Q_u o i ! Sire, tant d’actions illustres, tant de Batailles gagnées„ n’obtiendront-elles point de vôtre Majesté quelques réponses favora-„ blés ? ne pourront-elles faire oublier les manquemens, & lever les le-„ gérs soupçons fous lesquels ils font opprimés, ou du moins pour ex-„ citer à leur égard quelque sorte de pitié ?
„ S i leur détention étoit un secret d’Etat, & un mystère caché qui„ ne dût être révélé à personne, ce seroit l’occafion de nôtre silence ;„ mais cette lettre de cachet envolée aux Compagnies à l’instant de leur„ emprisonnement, laquelle les justifie de toute sorte de crimes, & neM les accuse que de choses très legères, porte témoignage de leur in-„ nocence, dont personne ne peut douter.
„ S i quelqu’un des Officiers de cette Compagnie avoit été frappé du„ foudre de la puissance souveraine, elle ne leur refuseroit pas ses suf-„ stages & son intercession. Les Princes du sang sont Conseillers-nés de„ la Cour, ils y ont place par leur Naissance, ils sont les vrais appuis„ de l’Ëtat, les Membres honorables & précieux de la Monarchie, l’on„ ne peut frapper fur eux que le contre coup ne retombe fur la propre„ personne de vôtre Majesté.
„ Pour cela, Sire, vôtre Parlement se promet que sa voix sera„ entendue, ses vœux exaucés, & Messieurs les Princes remis en liber-„ té , pour continuer à donner des preuves de leur valeur , & sacrifier„ leur vie pour le bonheur & la tranquillité publique de la France &„ de vôtre Règne. „
C e Discours déplut à toute la Cour. Le Duc d’Orléans fût offen-sé de ce que le Prince de Coudé y avoit été réprésenté comme sauteurde la prospérité du Roïaume pendant les prémières années de la Régence.Le Cardinal Mazarin fût outré de ces mots de Politique infortunée. LaReine en fût indignée ; le Roi même , qui n’avoit encore que douze ans,lui dit, que s’il n’avoit craint de lui déplaire il auroit imposé silence auprémier Président, & seut chassé de sa présence. „ Au contraire, dit„ Talon, il fût fort goûté au Pârlement, & applaudi des Peuples, qui„ se réjouissent quand il se passe quelque chose d’aigre & de caustique,„ & principalement dans les occasions où le Gouvernement & le Mini-,„ stère de'Mazarin étoit diffamé & déshonoré “
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