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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XI.

L E Cardinal croioit n’avoir à faire qu’au Parlement & aux amis de laMaison de Coudé. II regardoit ce qu’on lui disoit de tous côtés des intri-gues des Frondeurs , comme controuvé & exagéré , ou tout-au-plus commedes embarras qu’ils vouloient lui susciter pour se faire craindre. 11 ne pou-.voit comprendre que le Coadjuteur & le Garde des sceaux pussent se réunir,que le Duc d’Orléans s’oubliât lui-même jufqu’à consentir que le Prince deCondé dût sa liberté à un parti puissant, qui le rendroit aussi supérieur enforce qu’il l’étoit en gloire, en courage, & en génie. En tout cas, il comp-toit d’être toujours le Maître de faire sortir le Roi & la Reine de Paris s’il sevoïoit trop poussé, de s’accommoder avec les Prisonniers, de les engagereux-mêmes à prendre fa défense par les conditions avantageuses qu’il leuraccorderoit. Les troupes étoient a fa disposition, & il se flattoit que le Ducd’Orléans se voïant réduit aux Frondeurs, les abandonnerait bien-tôt,quelque engagement qu’il eût pris avec eux. Pour s’assurer d’avantage desTroupes, il avoit engagé la Reine à donner le Bâton au Marquis de Ville-quier, d’Hocquincourt, de la Ferté-Seneterre, de la Fer té Imbaut, & auComte de Grancei.

Ple i n de ces idées & de ces espérances, il ne pensoit qu’à se donnerdu tems, & à rallentir la vivacité du Parlement. Sous divers prétextes laReine ne répondit que le trente janvier aux remontrances qui lui avoientété faites le vingt du même mois. Cette réponse fût aussi sage , aussi mo-dérée , & auíïï artificieuse qu’elle pouvoit l’être. Le Garde des sceaux ditaux Députés ; „ Meilleurs , lorsque vous avez reçu la Requête présentée „par Madame la Princesse, & la lettre écrite par Monsieur le Prince de „Condé , le Roi & la Reine s’étoient persuadés que vous ne voudriez pas „en délibérer, & qu’en suivant l'exemple de ce qui s’eit pratiqué en d’au- „tres rencontres semblables, vous lui renvoïeriez la Requête & la Lettre. „Ainsi vos Régítres marquent qu’en l’année mille cinq cent soixante-deux, „le Prince de Condé aïant envoïé dans fa disgrâce un Pacquet au Parlement, „il fût envoïé au Roi ; & de nos jours la défunte Reine Mère & Monsieur „le Duc d’Orléans aïant dépêché de leurs Domestiques pour vous apporter „des Lettres, vous ne voulutes pas les ouvrir, mais vous les envoyâtes au „Roi, comme étant affaire qui regardoit le Gouvernement de l’Etat, dont „le Parlement n’avoit pas coutume de prendre connoisiànce. Néanmoins „vous avez délibéré qu’il ferait fait des Remontrances, lesquelles la Reinea entendues. „

Bien que leurs Majestés ne doivent rendre compte de leurs actions& de leurs conseils qu’à Dieu seul, elles font bien aises que le Parlementsache qu'elles travaillent incessamment à rendre la liberté aux Princes ; „mais il est juste d’y observer les moments & les tempéramens nécessaires „pour la tranquillité publique de l’Etat. II faut obliger ceux qui ont pris „les armes à les quitter, ceux qui font entrés en traités & en intelligences „avec les Ennemis de l’État, à y renoncer Sc à retourner à leur devoir. L’in-tention de leurs Majestés est de leur pardonner & d’oublier tout le passé ;&afinque personne n’en puisse douter, la déclaration’en sera prompte

iósi.Vues d u Car-dinal.

II cherche àgagner dutems.

Talon , Part.I. vol. 7.p. 19 6 .

Ret2, tom. 3.p. 174 -Motteville ,tom. 4. p. r;.

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