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Tome second.
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HISTOIRE

I6sl.Les Fron-deurs écla-tent.

Rets, tom. r.t- r 74.

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Plus cette réponse étoit raisonnable & adroite. plus les Frondeurs enfurent allarmés. Ils jugèrent qu’il étoit tems qu’ils se déclarassent, & queleur union avec le Duc d’Orléans éclatât. Le Coadjuteur réprésenta à cePrince qu’il n’y avoit plus de tems à perdre, à moins qu’il ne se résolûtlui-même à perdre toute confiance dans le Parti des Princes ; que le Cardi-nal pouvoit à chaque instant se donner le mérite de leur liberté ; qu’ilétoit même inconcevable qu’il ne l’eût pas déjà fait ; qu’il étoit fur le point dele faire ;qu’on n’en pouvoit douter, que ce qu’il venoit de répondre au Parle-ment en étoit une marque assurée ; que fa réponse étoit captieuse, mais qu’elleétoit fixe ; qu’elle engageoit nécessairement, & fans qu’il y eût mème pré-texte de s’en défendre, à une Négociation avec le Parti des Princes, la-quelle le Cardinal éluderoit facilement si on ne la pressoit pas, ou qu’il ter-mineroit à son avantage si on ne la pressoit qu’à demi. Qu’il seroit égale-ment honteux & périlleux à son Altesse Roïale , ou de laisser les Princesdans les fers après avoir traité avec eux, ou de laisser au Cardinal les mo-yens de leur faire croire qu’il auroit été le véritable auteur de leur liberté.Qu’il ne s’agissoit de rien moins dans le délai que de ces deux inconvéniens.Que la manière dont le Parlement prendroit la réponse à ses Remontrancesseroit décisive ; que cette manière n’étoit point douteuse si Monsieur vou-loir se montrer, parce que sa présence entraînerait tous les suffrages. LeCoadjuteur ajouta, qu’il répondoit que l’éloignement du Cardinal passeraiten même tems que la liberté des Princes ; que tout le monde s’éléveroitcontre lui dès que son Altesse paraîtrait l’abandonner, & souhaiter tant soitpeu sa disgrâce; que l’unique inconvénient à craindre étoit que le Roisortît de Paris, mais que Monsieur étant Lieutenant - général de l’Etat &commandant les Armées, il étoit en son pouvoir de l’empêcher ; querien ne lui étoit plus facile que de trouver un prétexte de fe brouiller aveclui, & de faire en sorte que fa déclaration ne parût point préméditée.

L e Duc d’Orléans, qu’on vouloit engager de manière qu’il lui fûtimpossible de reculer , déclara positivement, qu’il ne commencerait pas laguerre civile. Prévenu comme il étoit par le Maréchal de Grammont, quela réponse de la Reine ne pouvoit se contrarier, il réfuta constammentd’aller au Parlement ; tout ce qu’on en put tirer fût qu’on y dirait desa part ce qu’on vouloit qu’il y dit lui - même ; & que si sa propositionétoit bien reçue , il se déclarerait contre le Cardinal. Le Coadjuteur nebalança pas à s’exposer. II courut tout le reste de la nuit pour avertir sespartisans de contredire la réponse de la Reine , sur laquelle on n’avoit pasencore achevé de délibérer, parce que la déclaration promise n’avoit pasencore été expédiée. Ce délai que le Cardinal avoit voulu se donner fûtcause du succès de ses Ennemis. La réponse avoit été généralement ap-

{ jrouvée, lorsque le prémier Président & les Gens du Roi en avoient faita rélation à leur Compagnie, & si la déclaration eût été luë en mêmetems, c’eût été une affaire consommée & sans retour.

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