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Tome second.
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Que s’ils s’appercevoient qu’on eût voulu les tromper, ils se soulèveraienttous, & ne donneraient à l’avenir aucune créance à ce qui leur seroit pro-mis. Ce Magistrat, peu politique, & qui ne comprenoit pas qu’on pûtpromettre une chose sans la tenir, exhorta pathétiquement la Reine à nepoint donner de paroles qu’elle ne voulût exécuter. II lui représenta queles particuliers traitaient leurs affaires par le ministère des Notaires, maisque les paroles des Souverains étaient crues, par ce qu’ils n’avoient pas coû-tume d’y manquer. Monsieur Fouquet., depuis peu Procureur-général,parla dans le même sens.

L a Régente , qui se regardoit avec raison presqu’auslì violentée quele sont ceux qui tombent entre les mains des voleurs, ne se rendit qu’aprèsavoir fait paroître beaucoup de résistance & de contradictions intérieures,& leur donna charge de rapporter à la Compagnie que le Cardinal s’étoít re-tiré fans aucune espérance de retour. On voulut un écrit, mais elle lerefusa. Elle leur ordonna de dire au Parlement touchant la liberté desPrinces, qu’elle souhaitait de terminer cette affaire avec le Duc d’Orléansfeule à seul, aïant beaucoup de choses à dire qui demandoient le secret ;que cependant, s’il persistait dans ses refus de la voir, elle lui envoïe-roit le Garde des sceaux, ou qu’elle nommerait des Députés pour conféreravec les amis des Princes, & convenir des conditions nécessaires pour as-surer le repos de l’Etat.

L a déclaration de la Reine eût tout l’effet que le Garde des sceauxavoit prétendu. Dès que le Parlement en eût été instruit intervint Arrêt,qu’en conséquence de ladite déclaration & volonté du Roi, & de la Ré-gente , dans le quinzième du jour de la publication dudit Arrêt, ledit Car-dinal Mazarin, ses parens & domestiques étrangers vuideroient le Roïaumede France, Terres & Places de l’obéïssance du Roi ; & faute de ce faire,ledit tems passé, seroit contr’eux procédé extraordinairement ; permis auxcommunes & tous autres de leur courre-sus, fans qu’ils puissent revenir,pour quelques causes, emplois, prétextes & occasions que ce soit ; & dé-fenses faites, ledit tems passé, à tous Gouverneurs de Provinces, Maires& Echevins de Ville de les recevoir.

I l eût été bien difficile de montrer la liaison de cet arrêt avec la décla-ration , qui n’avoit point parlé du banissementr du Cardinal, moins encorede celui de fa famille. La promesse qu’il ne rentrerait point dans le mini-stère , qu’il ne reviendrait pas à la Cour, ne pouvoit fonder ni justifiercette procédure. Le district du Parlement de Paris est borné, fa jurisdic-*tion ne s’étend point à tout le Roïaume. Son entreprise, en cette occa-sion , était une espèce d’attentat contre l’autorité des autres Parlemens.Ajoutez l’imprudence de bannir un homme qui avoit tout le secret de l’Etat ;l’injustice de le bannir sans savoir entendu ; mais , si on peut user de cestermes, c’étoit alors le I{ègne des puijsances des ténèbres , ou , si l’on veut,le Règne d u Coadjuteur.

La Reine n’aïant pû réussir à regagner le Duc d’Orléans, se voïantforcée de souscrire à des arrêts aussi contraires à l’autorité Roïale ,

C z qu’aux

I6fi*

Arrêt pré-tendu consé-quent à cettepromesse.

J o!t, T. t.p. ny.

La Reineveut emme-ner le Rai,