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HISTOIRE
I6sl.elle est tra-hie.
Talon,vol. 7,Fart. 2 29.
Le Coadju-teur fait in-vestir le Pa-lais-Roïal.
qu’aux premiers principes de la justice, résolut de se dérober à ses per-sécuteurs. Elle devoit partir avec le Roi la nuit neuf au dix pourse rendre à Saint Germain , où le Cardinal sattendoit. Elle fût trahie.Le Maréchal de Villeroi, qu’on avoit averti le plus tard qu’on avoit pû ,parce qu’on se défioit de lui, le fit dire au Garde des sceaux. Celui-cien avertit Madame de Chevreuse sa bonne amie, qui envoïa sa fille auPalais d’Orléans. On avertit aufsi-tót le Coadjuteur. Que ferons-nous ,lui dit le Duc d’Orléans ? II n’y a qu’un parti, répondit ce Prélat ,c’est de se saisir des portes de Paris. Madame , Mademoiselle , appuie-ront cet avis de tout leur pouvoir. Tout ce qu’on pût tirer de ce Prin-ce fût qu’il envoïeroit Destouches, Capitaine de ses Suisses , chez la Rei-ne , pour la supplier de faire réflexion sur les suites d’une action de cet-te nature. Cela suffira, ajouta-t-il ; car quand la Reine verra que sarésolution est pénétrée, elle n’aura garde de s’exposer à entreprendre del’exécuter. Enfin on tira de lui une espèce de consentement. Le Coad-juteur mit en mouvement tout son parti. Presqu’en un moment lesbourgeois armés se saisirent des portes de Richelieu, de la Conférence& de St. Honoré. Le Palais-Roïal fût investi. Le Duc de Beaufort &le Maréchal de la Mothe montèrent à cheval & firent la patrouille.
Les cris du peuple se firent entendre au Palais-Roïal. II étoit aiséd’en déviner la cause. La Reine consternée fit recoucher le Roi, & dis-paraître tout ce qui sentoit l’appareil d’un voyage. Destouches vint dela part du Duc d’Orléans. On lui protesta qu’on n’avoit pas la prémiè-re pensée du dessein qui servoit de prétexte à tant de fracas; que c’é-toit apparemment une invention du Coadjuteur. On lui fit voir le Roidans son lit. 11 le regarda long-tems dormant d’un profond sommeil.Au sortir du Palais-Roïal, il fit ce qu’il pût pour appaiser le peuple;il les astûra qu’il avoit vû le Roi dormant ; il leur conseilla de suivrel’exemple de leur maître commun, qui pour-lors ne penfoit à rien. Ilsdirent qu’ils vouloient eux-mémes le voir. Plusieurs vinrent au Palais-Roïal dans ce dessein ; il fallut les satisfaire. Ils furent charmés de cette con-fiance , leur emportement cessa , & les sentimens de douceur succédè-rent à la fureur dont ils avoient paru remplis.
L a Reine voïant que cette confiance opérait , envoïa quérir deuxOfficiers de la garde bourgeoise, qu’on avoit placée presqu’à la porte duPalais-Roïal. Elle leur parla , & leur rendit compte de ses intentions.Elle leur fit voir le Roi comme aux autres , & les envoïa par deux foisparler au peuple. Ils le persuadèrent & le calmèrent. Pendant cetteémotion on avoit été au Palais-Roïal dans de terribles inquiétudes. Onredoubla les gardes ; le Duc d’Epernon & plusieurs autres s’y rendirent ;on craignoit à chaque instant qu’on ne vint enlever le Roi. L’idéequ’on avoit du Coadjuteur , le faisoit regarder comme capable des plusfâcheuses extrémités. Enfin le tumulte cessa vers les trois heures dumatin ; mais la captivité de la Reine ne cessa pas ; elle dura jusqu’au septou huit du mois suivant.
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