DE LOUIS X IV. LIV. XIII.
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8c que sous différens prétextes il se tenoit hors de Paris. On lui en-voïa le Duc de Damville autrefois le Comte de Brion , & qui avoit étéson prémier Ecuyer, avec le Comte de Brienne Sécrétaire d’Etat. Cedernier rapporte dans ses Mémoires la conversation qu’il eût avec cePrince, lequel avoua qu’il avoit offensé la Reine , aïant été cause quele Cardinal avoit été chassé ; qu’ainsi il ne pouvoit se fier à elle , ni setrouver en lieu ou il pût être arrêté. Sur quoi, dit ce Ministre, jepris la liberté de lui parler ainsi.
Dans six mois que je reviendrai trouver Vôtre Altesse Roïale pour „la convier de revenir à la Cour, vous y aurez encore de la répugnance ; „je vous presserai pour m’en déclarer le sujet, & vous me direz alors pour „raison ; ríayant sas voulu me trouver au Palais-Roiai quand le Roi a été déclaré ,,Majeur , je Pai offensé , çs je crains qu 1 il rien ait du ressentiment. Ainsi, Mon- „sieur, vous refuserez toujours de rendre aucun service à Sa Majesté. „II faut donc, pardonnez - moi fi je parle fi librement , que vous ayez une st ,,grande aversion pour sa personne, qu’elle puisse vous porter à atten- „ter à fa Couronne ; & vôtre crime, si cela étoit, trouveroit son ex- „cuse dans le grand bien que vous vous en feriez proposé “.
On laisse à décider si un. pareil discours pouvoit se tenir impuné-ment à un Fils de France. Ces Mémoires sont pleins de semblables traits.S’ils sont véritablement du respectable Auteur dont ils portent le nom,on peut dire qu’une vanité excessive les a dictés, & qu’assûrément c’étoitune mauvaise instruction pour ses enfans. On ne fait ces sortes de ré-flexions que pour faire sentir le caractère des Auteurs qu’on est obligé deconsulter, & de quelle attention on a besoin pour y démêler la vérité.Quoi qu’il en soit, le Duc d’Orléans se trouva au Lit de Justice, & re-tourna à Limours sitôt que la cérémonie fût achevée.
C e jour là même la Reine déclara qu’elle vouloit changer le Mi-nistère , & mettre en place Monsieur de Château-neuf en qualité de pré-mier Ministre, rendre les sceaux au prémier Président, & confier les Fi-nances au Marquis de la Vieuville. Le Duc d’Orléans parut s’y oppo-ser, & demanda trois jours pour en conférer avec Monsieur le Prince.La Reine le refusa, parce que ceux qui dévoient être mis en place ap-préhendèrent que ce délai ne fût fatal a leurs prétentions, & pensèrentque lorsqu’ils seroient établis il seroit plus difficile de les chasser ; desorte que les sceaux furent donnés au prémier Président, qui les reçutavec la plus grande joye ; persuadé que cette justice lui étoit duë, &qu’elle lavoit í’affront qui lui avoit été fait, lorsque trois ou quatremois auparavant on les lui avoit ôtés huit jours après les lui avoir don-nés. Monsieur de la Vieuville fût fait Surintendant; place qu’il avoitoccupée en mille six cent vingt-trois & en mille six cent vingt-quatre ,& qu’il avoit poursuivie depuis la mort du Cardinal de Richelieu, avecla même instance, dit Talon, qu’on poursuit ffichévinage de Paris. PourMr. de Château-neuf, il prit sor le champ possession de la prémière pla-ce dans les Conseils du Roi.
Ces
i6y 1 .
Duc d’Orlé-ans.
Tom. 3. pag.
10].
Caractèredes Mémoi-res qui por-tent le nomdu Comte deBrienne.
Changementdu Ministère.
Vol. 7. Part.2. pag. 183.