DE LOUIS XIV. LIV. XIII. iof
traction pour traiter avec le Roi d’Espagne. Ensuite il donna de l’argentau Prince de Conti & à Mr. de Nemours pour faire des levées dansles Provinces voisines. II régla avec Vineuil Intendant, les levées qu’onferait fur le Berri & fur le Bourbonnois. Tous ces arrangemens nefuppofent-ils pas qu’il n’avoit point attendu ce prétendu conseil pourprendre son parti. Sans doute qu’on a répandu ces bruits de ses irré-solutions, & de l’efpèce de violence que les amis lui firent, pour justi-fier son crime.
1 l n’y étoit que trop déterminé. II dit depuis, qu’il étoit entréinnocent dans fa prison, & qu’il en étoit sorti très coupable. Depuisce moment, toutes ses démarches avoient été d’un homme qui méditoitde grands desseins, & qui ne cherchoit qu’à se brouiller pour avoir oc-casion de les exécuter. Quels étoient ses desseins ? Sans se fonder íurquelques séditieux de son parti qui avoient eu Pinsolence de crier dansParis Barre à bas , voulant dire qu’il devoit prendre les Armes de Fran-ce en plein, on peut assurer qu en examinant toute fa conduite, on yapperçoit ou une imprudence ou une ambition excessive. Pour décideril n’y auroit qu’à voir laquelle des deux a plus dominé dans son ca-ractère.
Ce qui est de certain, c’est que son projet, qui fût communiquéau Duc de Bouillon par Mr. de la Rochefoucault, ne se bornoit pas seu-lement à se mettre en sûreté, il alloit à causer un renversement général.Le voici; on en jugera. D’abord on offroit à ce Duc de lui donnerla Place de Stenai avec son domaine pour en jouir aux mêmes droitsque Mr. le Prince, jufqu’à ce qu’il lui eût fait rendre Sédan, ou qu’ill’eût mis en possession de la récompense que la Cour lui avoit promisepour l’échange de cette Place. De lui céder ses prétentions fur le Du-ché d’Albret. De le faire recevoir dans Bellegarde avec le commande-ment de la Place, & de ne point faire de traité fans y comprendre l’ar-ticle du rang de fa Maison. De lui fournir une somme d’argent dontils conviendraient, pour lever des troupes & faire la guerre.
Le Maréchal de Turenne devoit commander les vieilles troupes deMonsieur le Prince, qui dévoient se retirer à Stenai, à Clermont & àDamvilliers ; lesquelles jointes à celles que les Espagnols y dévoient en-voler , le mettraient dans la même situation où il avoit été pendant laprison des Princes. Pour le déterminer à accepter ces offres magnifi-ques , on lui fit voir qu’on étoit en état de lui donner les paroles qu’onlui donnoit. On lui dit que le dessein de Monsieur le Prince étoit delaisser le Prince de Conti, Madame de Longueville, le Duc de Ne-mours à Bourges & à Montrond pour y faire des levées, & pour se ren-dre maîtres du Berri, du Bourbonnois , & d’une partie de l’Auvergne,tandis qu’il irait lui-même à Bourdeaux, où il étoit appellé par le Par-lement & par le Peuple, & où les Espagnols lui fourniraient des trou-pes, de l’argent & des vaisseaux, suivant le traité du Marquis de Sil-ice II. O leri
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Sa résolutionétoit prisedepuis long-tems.