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Tome second.
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DE LOUIS XIV. L IV. XIV. 141

faire. II changea pourtant de sentiment sur les assurances, que lui don-nèrent les créatures, que fi l'on ne décidoit pas en fa faveur, du-moins 16f2.

on ne fe déclarerait pas contre lui. II vint au Parlement le vingt-huit.

Fortifié par l’approche de l’Armée , il fit entendre, qu’il n’étoit venu , queparce qu’il avoit appris, qu’il y avoit quelque règlement à faire pour as-surer le payement des rentes ; qu’il étoit venu à ce sujet. A l’inítant laLettre du Roi aïant été lue en la présence, il protesta, qu’il ne failoitavancer ces troupes que pour chasser fennemi commun ; que iìtótqu’il ferait sorti il les congédierait, ou que le Roi pourrait s’en servir ;

& il exigea que cette protestation fût enregistrée.

Talon, qui, par persuasion ou peut-être par collusion avec la Cour, Talon perfé-avoit entrepris de prouver à fa Compagnie, qu’il failoit arracher au Roi inclusions 6 *le Cardinal Mazarin fans lui faire aucune violence, parla comme il avoit Volcoutume de faire, & contre ce Cardinal & contre toutes les voies de , p loo "fait, qu’on mettoit en usage pour forcer la Cour à l’abandonner. II dit,que comme il n’y avoit aucun homme de bien qui pût souffrir fans in-dignation la mauvaise conduite d’un Ministre décrié , qui mettoit letrouble dans le Roïaume & dans l’Etat au hazard de le ruiner, qu’auísipersonne ne pouvoit révoquer en doute les loix fondamentales de l’E-tat , fous la foi deíquelles la Roïauté subsistoit , aussi bien que la tran-quillité publique. Que ces Loix étoient , qu’il n’appartenoit à qui quece fût de lever des troupes dans le Roïaume fans commission du Roi, &que de faire entrer des Etrangers en corps d’Armée étoit un crime deLèze-Majetté.

I l supplia la Compagnie de faire réflexion, qu’en l’antiée mille six-cent quinze, le Prince de Coudé se plaignit du Gouvernement de l’E-tat , & de l’autorité, que le Maréchal d’Ancre y avoit usurpée. Surquoi les remontrances du Parlement aïant été inutiles, Monsieur lePrince donna des Commissions pour lever des troupes fous le titre duservice du Roi & du bien public. Son manifeste n’étoit autre chose ,que la répétition des remontrances du Parlement; néanmoins les Lettresdu Roi, qui condamnoient ce Prince & ses adhérans, furent enrégistrées,parce que des choses justes doivent être exécutées par des voïes légiti-mes , & qu’il faut donner aux Souverains quelque forte de latitudedans le Gouvernement de leurs Etats, attendre que Dieu leur frappele cœur & les conduise, & non pas leur arracher par violence ce quel’on désire d’eux.

Pour faire goûter ces maximes, si incompatibles avec la situationoù l’on étoit pour-lors, il retomba fur le Cardinal, & amusa, si je puisparler de la forte, par un nouveau moïen de le persécuter & de l’obli-ger à quitter la partie. „ II faut, dit-il, l’attaquer dans son fort, qui „ ibìd. pag.est la Cour de Rome où il se flatte de trouver toûjours une retraite „ 1°+*assûrée. Le Pape- ne l’aime point. L’année dernière , lorfqu’il se plai- „gnit des Arrêts, qu’on avoit rendus contre lui, S a Sainteté en effet fe „mocqua dé ses plaintes , lui remontrant fa condition Ecclésiastique, „

S 3 „ lui