HISTOIRE
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—— 1 _! „ lui conseillant de laisser la France en repos, & de reconnoítre pat-ins 2 . -- là les grandes obligations qu’il avoit à ce Roïaume. II faudroit donc,„ que le Parlement écrivît à nôtre St. Père íe Pape, & qu’après lui„ avoir exposé la trille situation du Roïaume, causée par les contra-„ ventions de ce Cardinal aux Arrêts de cette Compagnie, il le sup-„ pliât d’interposer son autorité & sa bonté paternelle pour retirer le-„ dit Cardinal à Rome, & à faute d’y obéïr, de le dégrader de l’hon-„ neur du Cardinalat
Il revint ensuite à son objet principal. „ Mais, reprit-il, après„ avoir exposé tout ce qui se peut faire contre celui qui trouble l’Etat,„ nous sommes obligés de travailler à maintenir l’autorité du Roi, &„ empêcher, que qui que ce soit ne l’uíhrpe. Nous disons donc que„ le Droit de faire la paix ou la guerre est un Droit Roïal, & incom-„ municable à toutes sortes de personnes. Que lever des gens de guer-„ re , donner des Commissions pour cet effet , introduire un Corps„ étranger, non-seulement sans la participation, mais contre les ordres„ du Roi, est chose qui n’a jamais été approuvée dans cette Compag-„ nie, laquelle est en postèílîon de résister quelques-fois aux volontés„ des Rois par remontrances, supplications & autres voies d’honneur,„ & non jamais par les armes. Ce que nous disons, ajouta-t-il en la„ présence de Monsieur le Duc d’Orléans, afin que ce qui n’est jamais„ arrivé à cette Compagnie d’autoriser la rébellion & la guerre civile,„ 11 ’arrive pas en cette rencontre, & que demeurant dans son devoir„ elle travaille à l’expulsion du Cardinal Mazarin par les voïes, qui„ sont honnêtes, légitimes, & convenables à fa condition, fans se dé-„ partir du respect & de la fidélité, dont elle doit donner l’exemple à„ tous les peuples ".
Ce discours ne produisit aucun effet. Ceux qui étoient contre laCour ne voulurent pas que l’affaire fût mise en délibération ; les servi-teurs du Roi isolèrent même faire instance , sachant bien, que la moin-dre diminution de l’autorité Roïale, autorisée par le Parlement, auroitdes suites fâcheuses. Ceux qui étoient neutres, & qui ne souhaitoiendque la tranquillité , furent bien aises que ces propositions ne fussent pointmiles en délibération, de crainte qu’il ne demeurât dans les régistres duParlement quelques marques de désobéissance & d’emportement contre leservice. Leur délicatesse étoit certainement louable ; mais un trait deplus n’auroit pas ruïné la réputation de leur Corps.
La délibération fût remise au prémier de mars. Le Duc d’Orléansvint au Palais ; le tems fe passa en disputes frivoles. Le Duc d’Orléans,pour reculer plus sûrement la décision, supposa, qu’il avoit une espècede fièvre tierce, dont il craignoit l’accès le lendemain & le lundi sui-vant , de sorte qu’il ne promit de revenir que le quatre de mars.Mais en effet il avoit dessein , que les troupes, qu’il faisoit condui-re par le Duc de Nelnours passassent la rivière de Seine, & de rendreainfì inutile la délibération du Parlement telle qu’elle pût être. £1-