DE LOUIS XI Y. LIV. XIV.
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les paífèrent effectivement au pont de Mantes le second & le troisièmede mars, du consentement du Duc de Sully Gouverneur de cette Place. 16 f Z.
II étoit gendre du Chancelier , que la Cour avoit extrêmement maltraité ;il étoit actuellement à Paris fans emploi, & fans faire aucune fonctionde fa Charge. D’abord il commença par visiter souvent le Duc d’Orléans,fous prétexte, qu’il fe rendroit ridicule , s’il ne rendoit pas ses respectsà l'oncle du Roi ; peu de teins après, il fe déclara ennemi du Mazarin.
Cependant Gien, qui lui appartenoit par engagement, donna passage àP Armée du Roi, qui conduifoit ce Cardinal. Le Duc d’Orléans lui en fit& lui en fit faire des reproches. Pour réparer cette prétendue faute ,il détermina son gendre à faire ce que ce Prince fouhaitoit. Tant il estdangereux aux Officiers du Roi de prendre quelque forte de dépen-dance des Princes, qui font bon marché de Phonneur de ceux qui lesapprochent, quand cela peut servir à leurs fins.
A ces artifices, pour empêcher qu’on délibérât fur les ordres du Désordres,Roi, on joignit la violence, le tumulte, & un bruit concerté. Toutesles fois qu’on vouloit en parler, il s’excitoit une confusion de voix, qui [ ement .crioient de tous côtés , qu’on ne délibérerait pas. Les plus sages & lesplus affectionnés au bien de l’Etat ( ce n'étoit pas le plus grand nombre )fe lassèrent de ces vacarmes, & ne purent résister a ces impétuosités,plus dignes des habitans des Halles, que d’une Assemblée de Magistrats.
De plus, la manière licentieufe, dont les troupes vivoient autour deParis, attira la principale attention. „ Elles ne vivent pas, dit l’Avo- „cat-général au Duc d’Orléans, en gens de guerre ni en voleurs , mais ,,113.en scélérats, qui pillent, violent & brûlent tout ce qu’ils rencontrent ".
Les délibérations qu’on fit à ce sujet aboutirent , non à prendre desmesures efficaces pour contenir les troupes, mais à les envoyer faireleurs brigandages à dix lieues de Paris.
Enfin, pour détourner les esprits de dessus les troupes, qu’on fai-foit marcher contre le Roi, on fit une grande attention aux plaintes duPrévôt des Marchands & des Echevins de Paris fur la cessation du paye-ment des rentes. La Cour fermoit de tems en tems cette source pourintimider les Parisiens, & leur faire sentir le mal qu’elle pouvoit leurtaire ; & peu de tems après, pour les calmer, elle les rouvrait. Onétoit alors dans le prémíer cas. Les adjudicataires du Sel, des Aides,chargés de ces payemens, déclarèrent, qu’ils étoient hors d’état d’y satis-faire , par la non-jouissance des Tailles, & par le refus du Receveur-gé-néral du Clergé à cause de la ruine des Diocèzes. De plus le Surin-tendant avoit disposé d’une partie de ces fonds. II fût résolu, que pourrémédier à ce mal on députerait de chaque Chambre deux Conseillers,qui s’assembleroient à la Chambre de St. Louis, & que la Chambre desComptes & la Cour des Aides feraient invitées d’envoyer leurs Députéspour travailler à la même fin. On vent éta-
Les Frondeurs furent les Auteurs de cet avis. La Chambre de St. biirunenou-Loûis les avoit si bien servi en mille six-cent quarante-liuit, par lespro- yeiie Cham-
positions