DE LOUIS XIV. LIV. XIV.
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persuader, qu’il ne donna point ces ordres, ou que ceux qu’il donna,furent mal entendus ou mal exécutés. Joli dit, que le Cardinal Mazarineut part à ce désordre; qu’il le fit proposer au Prince'par une personnegagnée, comme un moïen d’intimider la Cour ; qu’il envoya en mêmetems des ordres secrets à ses amis de porter la confusion jusqu’au dernierpoint, afin de ruiner entièrement ce Prince dans l’esprit des Parisiens.
Monsieur de Retz prétend, que le soulèvement avoitété ordon-né , mais que c’étoit contre lui ; & que tout ce qui se passa à l’Hótel deVille, fut l’effet d’un pur hazard, & que la fougue du peuple mis enhumeur se déchargea sur le prémier objet présent. Le Duc de la Ro- ? a &' 37*chefoucault pense, qu’on ne vouloit que faire peur, & qu’on n’avoitaucun dessein de faire mal à personne. Sur quoi il cite un passage deTacite, qui signifie, que la vie & l’idée qu’on avoit de certaine person-ne , inclinoit à croire, que ce mouvement s’étant fait pour ses intérêts ,elle ne l’avoit pas ignoré, & qu’on ne balança point à supposer, qu’elleavoit sacrifié ses amis, pour n’être pas soupçonnée d’avoir fait périr sesennemis. Mademoiselle de Montpensier avoue, que l’on s’accordoit àdonner le blâme de cette affaire à son Altesse Roïale & à Monsieur lePrince; qu’elle ne leur en a jamais parlé, & qu’elle étoit bien aise d’i-gnorer ce qui en étoit.
Voici pourtant un témoignage , qui paroît décisif. Le Duc de Ro-han , qui savoit la résolution qui avoit été prise, envoïa, le matin dujour même qu’elle s’exécuta, réprésenter à Monsieur le Prince, qu’ilavoit pensé au dessein qu’ils avoient pris, & qu’il en craignoit de fâ-cheuses & dangereuses conséquences. Qu’il étoit bien triste à un Prin-ce du Sang, lorsqu’il délîroit faire résoudre quelque chose à son avan-tage , d’être obligé d’y emploïer le fer & le sang, & d’en avoir l’obli-gation à la canaille, laquelle dans une autre occasion pouvoit être exci-tée contre lui. Qu’il y avoit une autre voie à prendre, auífi efficace& moins odieuse. C’étoit d’aller à l’Hótel de Ville , accompagné de deuxcens Gentilshommes, ou Officiers de son Armée; de faire entendre àl’Assemblée la nécessité de l’union , l’impossibilité de se garantir autrement ;d’assurer , qu’il se retireroit, fi la Ville refusoit de s’unir ; que si elle yconfentoit, le Duc d’Orléans & lui étoient résolus de périr pour obtenirune bonne paix. Qu’après avoir ainsi harangué les Bourgeois, il pou-voit prier le Gouverneur de Paris de se retirer, attendu qu’il avoittémoigné être dans des sentimens contraires ; & qu’ainsi il ne trouveroitaucune difficulté à faire par autorité, ce qu’il vouloit faire réussir parviolence & par effusion de sang.
C’est Talon qui rapporte cette remontrance. II ajoûte : „ Elle ne „fût pas improuvée ; mais n’étant pas appuïée par la présence de celui „qui la faiíòit faire, d’ailleurs les ordres étant donnés, & chacun „étant jaloux de son opinion, la prémière délibération fût exécutée. „Plusieurs s’imaginant, que par cette voie Monsieur le Prince, aïant „abattu le courage des gens de bien, élevé le coeur des séditieux & „
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