HISTOIRE
182
■ , ■ » . ! 11 n r nn i i Monarchie , quand elle sera examinée dans toutes ses particularités. Per-i6s2. sonne ne l’a jamais avouée, comme il arrive toujours dans les affairesIbid. pag, $ î . odieuses qui ne réutilisent pas. Le respect qu’ont eu la plupart desEcrivains pour ceux qu’ils ont soupçonné d’en être les Auteurs, les atait couler légèrement fur ce fait important. Ils ont cherché à en parta-ger , à en affoiblir l’odieux, & l’ont réduit à de simples soupçons. Onne manque pas de respect, mais on croit qu’il seroit exceffif s’il empê-choit de dire la vérité. On ne prendra cependant point de parti, &on se contentera de mettre les Lecteurs en état de prononcer. Cetteémotion avoit été préméditée. Ceux qui paffoient pour les Emissairesde Monsieur le Prince, avoient , dès le matin, de la paille à leur cha-
E eau; secondés de plusieurs soldats, ils avoient forcé par leurs insultes lesommes, les femmes même, les Prêtres & les Religieux de prendrecette marque de leur parti. Les apparences de ce qui arriva étoient si gran-des, que plusieurs des Députés évitèrent de se trouver à sHótel de Ville.
L e but de cette émotion , ce que demandoient les cris des séditieux,est une nouvelle raison de fixer son jugement. On souhaitoit une dé-claration éclatante , qui mît en état de soutenir la guerre , où l’on avoitsi peu de succès ; on l’avoit demandée cette déclaration, on l’avoit sol-licitée inutilement , on avoit déjà essaïé d’intimider ; cette dernière vio-lence n’étoit-elle pas un dernier effort, pour obtenir ce qu’on regardoitcomme l’unique moyen de continuer la guerre, ou de forcer la Cour àsouscrire aux prétentions immenses qu’on avoit formées ? Le Prévôt desMarchands, le Gouverneur de Paris, étoient personnellement haïs ; 011souhaitoit leurs places en d’autres mains. La haine étoit augmentée parle refus, ou par la difficulté , qu’ils avoient fait de dérober la victoi-re aux troupes du Roi. La sédition paroissoit Tunique voie de s’en dé-faire , ou de les contraindre à se retirer.
L’usage qu’on fit de cette sédition & de la fraïeur qu’elle avoit ré-pandue , est encore une preuve, qu’on avoit été trop intéressé, pourqu’on l’eût ignorée, & qu’on ne l’eút pas souhaitée & dirigée, commetoutes celles qui l’avoient précédées, Peut-être que les choses allèrentplus loin, qu’on n’auroit voulu ; mais le peu d’empressement, qu’on eutd’y rémédier , ne prouve-t-il pas , qu’on n’étoit point fâché, qu’il yeût de l’excès ? Etoit-ce Mademoiselle , qu’on devoit envoïer pour im-poser aux séditieux ? N’y devoit-on pas aller soi-même ? Ces hésitations,ces craintes affectées, que Témotion ne fût en faveur du Roi, ne ser-virent qu’à donner aux mutins le tems d’exécuter ce qu’on avoit pro-jetté. Aussi tous ceux qui ont écrit de ces tems-là font assez enten-dre, malgré les obscurités, .dont ils se sont envéloppés, qu’ils n’igno-roient pas la source de cette entreprise dénaturée. Tous conviennent,qu’on Tattribua dans le tems à Mr. le Prince ; mais presque tous, parles circonstances qu’ils rapportent , veulent faire regarder ce bruit,Tam. 4. pag. comme n >étant fondé que fur des soupçons. Madame de Mottevilleassure, que ce que fit le Prince de Condé pour empêcher le mal, doit
per-