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On changele Prévôt desMarchands.
Tarn. 2- pag.sô;.
Vol 8- p«rt.2. p. 4;.
vivres. Le pain de la plus extrême noirceur valoit jusqu’à sept sols la livre. Lenombre des pauvres étoit excessif, ils étoient plus de cent mille. Onles soulagea à la vérité, mais la cessation du commerce & du travailempêcha qu’on ne pût les tirer de la misère. Ces dispositions furent ai-dées par les partisans de la Cour, par la révélation des' négociations se-crettes, par des propositions publiques, qui montraient dans le Roi uneenvie sincère de donner la paix à ses peuples, & rejettoient insensi-blement sur ses ennemis la continuation de la guerre.
Le Prince de Condé ignora ces dispositions, ou, s’il les connut, ilse flatta de les rendre inutiles. Dès le lendemain du massacre de l’Hó-tel de Ville , il envoïa demander au Prévôt des Marchands fa démission.II ordonna une Assemblée pour une nouvelle élection, on obéît. Lefactieux Broussel fût choisi , & prêta serment entre les mains du Ducd’Orléans , présenté par le Président de Thou, qui voulut bien faire lepersonnage ridicule de Sécrétaire d’Etat. Mademoiselle de Montpenlìer,qui fût présente à cette cérémonie, avoue qu’elle lui parut une Comé-die. On déposa aussi le Maréchal de l’Hôpital, & son Gouvernementfût donné au Duc de Beaufort.
Tandis que les prémières impressions de la fraïeur durèrent, ce Prin-ce parut avoir dans Paris une autorité despotique, conforme à son hu-meur , dit Talon. Personne n’ôsoit lui résilier en iace, parce que ceuxqui eussent osé l’entreprendre, eussent passé pour Mazarins, & fous cetitre eussent été assommés , non-seulement par la canaille , mais parplusieurs Bourgeois aussi infatués qu’elle. Le Parlement fût presqueaussi souple que la Maison de Ville, parce qu’il étoit du moins aussi ef-fraie , & qu’il ne s’attendoit pas à être plus épargné. Les prémièresAssemblées furent peu nombreuses. Le six juillet il ne se trouva auPalais que vingt Conseillers. Dans l’Assemblée suivante ils se trouvè-rent quatre-vingt, mais fans Présidens & fans Gens du Roi. II s’entrouva pourtant d’assez hardis pour parler de la sédition en termes fortaigres. Le Duc d’Orléans s’en disculpa de manière , que plusieurs furentassez crédules pour s’imaginer, qu’elle avoit été faite fans fa participa-tion. Pour le Prince de Condé & le Duc de Beaufort, ils gardèrentun profond silence. Ce ne fût que quelques jours après , que le prémierréprésenta , que le foin qu’il avoit eu de faire arrêter les séditieux &de les livrer au Parlement , témoignoit assez , que ce n’étoit pas sonouvrage ; ajoutant, qu’il demandoit qu’ils subissent la question la plusrigoureuse , pour les contraindre à déclarer les Auteurs.
I l y avoi’t deux de ces séditieux dans les prisons de la Conciergerie ,mais aïant été arrêtés au choix & par les ordres de ce Prince, il ne ris.quoit pas beaucoup de demander , qu’ils fussent traités à la dernière rigueur.Tous ceux qui ont part à une sédition n’en connoissent pas le secret. IIen est même , si je puis ainsi parler, qui ne le font que par hazard. Lesdeux qu’on avoit pris étoient apparemment de cette espèce. Pour dé-mentir sûrement le bruit public , il eut fallu , que ce Prince eût livréceux, qui étoient constamment ses Emissaires & les Crieurs à gages.
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