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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XV. 187

Toutes les propositions de paix qui se firent, furent éludées dans cesteins - là. On les traita de ridicules, & elles furent imprimées avec desnotes injurieuses. II y avoit déjà du tems que la Cour avoit fait dire ,que bien qu’elle fût convaincue, que les instances qu’on faifoit pour l’é-loignement du Cardinal Mazarin , n’étoient qu’un prétexte, elle ne laif-seroit peut-être pas d’y consentir, íi elle étoit assurée de la part desPrinces pour Pexécution des offres, qu’ils faifoient , au cas qu'on leurdonnât cette, satisfaction. Qu’on íòuhaitoit donc de savoir , s’ils renon-ceraient à toutes les ligues & associations avec les Princes étrangers ;s’ils n’auroient plus aucunes prétentions ; s’ils fe rendraient auprès duRoi ; s’ils feraient sortir les Etrangers qui font dans le Roïaume ; s’ilslicentieroient leurs troupes ; st Bourdeaux rentrerait dans son devoiravec le Prince de Conti & Madame de Longueville ; si les Places, queMr. le Prince avoit fortifiées , feraient remises en leur prémier état.

Ces questions furent renouvellées dans les circonRances, dont je par-le , avec une promesse positive d’éloigner le Cardinal, auísi-tót qu’on yaurait répondu. Elles furent rejettées avec hauteur. On les traita decaptieuses & d’artificieufes. II fût décidé à la pluralité des voix ,qu’on n’entreroit dans aucune explication, que le Cardinal ne fût en ef-fet sorti du Roïaume , & que les déclarations & arrêts portés contre luine fussent exécutés. II fût même ordonné aux Députés, que la Com-pagnie avoit auprès du Roi , de revenir dans quatre jours, sinon , qu’euxpréfens, ou abíèns, il ferait délibéré fur les affaires publiques, c’est-à-dire fur l’union, que les Princes demandoient avec le Parlement , &fur les titres, qu’ils vouloient en obtenir, pour être plus en état de ba-lancer l’autorité Roïale. La Cour fe relâcha encore , & se réduisit àdemander , qu’on convint seulement de la manière, dont 011 exécute-rait les articles qu’elle avoit proposés , assurant , que le Cardinal seretirerait aussi - tôt & avant l’exécution. Cette condescendance fûtméprisée. Le Duc d’Orléans, qui n’étoit guères que l’organe du Princede Coudé , dit, qu’st y avoit trop longtems que le Cardinal trompoit'tout le monde ; que ses finesses & ses artifices étoient publics ; qu’en-fin il étoit tems de prendre une bonne résolution , de faire quelque ar-rangement solide pour sortir avec honneur de cette affaire, dont la lon-gue durée faifoit périr l’Etat.

Il fallut délibérer ; car alors ces fortes de prières & de réprésentationsétoient des ordres , auxquels il étoit dangereux de ne pas déférer. IIy eut trois avis ; l’un , de ne point rompre la négociation commencée ,de remercier le Roi des espérances qu’il avoit données de l’éloignementdu Cardinal. Le second, de déclarer le Duc d’Orléans Regent , ouLieutenant Général de l’Etat , & le Prince de Coudé Généralissime desArmées, jufqu’à ce que le Mazarin fût sorti du Roïaume , & les prierde faire ce qu’ils estimeraient raisonnable. Le principal appui de cesentiment étoit, que le Roi n’étoit pas en liberté. Les autres vouloient ,qu’on fe bornât seulement à prier le Duc d’Orléans , d’emploïer son au-

A a 2 , torité

1652.

Lu Couc fedétermine àéloigner Ma-zarin , à cer-taines condi-tions.

Ibid. p. 43 .

Les Princesles rejettent.

Le Parle-ment Faittout ce qu’ilssouhaitent,parce qu’illes craint.