DE LOUIS XIV. LIV. XV.
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peut-être eut-on fait quelque exemple, pour renouveiler l’impression de jg——■—terreur, qu’avoit causé la scène sanglante de PHôtel de Ville. Danscette triste situation, où l’on étoit convaincu que toutes sortes de rési-stances étoient inutiles , & que les Princes vouloient être obéis de gré oude force , ceux qui étoient bien intentionnés pour la tranquillité publique ,auroient souhaité de ne point se trouver dans ces Assemblées , où l’on vio-lentoit si visiblement les suffrages ; mais la timidité étoit si grande, que l’onappréhendoít d’étre notté , si l’on s’absentoit. La plûpart en y allant ex-aminoient, non de quel avis ils seroient, mais s’ils seroient en sûretéde leur personne en trahissant leur conscience pour suivre le sentiment desPrinces. Après tout, ces allarmes & ces inquiétudes étoient la moindredes peines qu’ils méritoient. C’étoient eux-mêmes, qui avoient élevé lapuissance qui les opprimoit & les faisoit trembler , & le Prince de Condéen les traitant à-peu-près comme Cromwell venoit de traiter le Parlementd’Angleterre , les punissent justement du trop grand support qu’ils luiavoient donné.
Cet Arrêt fût plus éclatant qu’il ne fit de mal. Le titre de Lieute-nant-Oénéral de í’Etat ne fût respecté qu’à Paris, encore le fût il trèsmédiocrement. De tous les Gouverneurs du Roïaume, à qui le Duc d’Or-léans écrivit pour leur notifier la nouvelle Dignité qu’il s’étoit fait donner,il n’y eût que le Gouverneur d’Orléans qui lui répondit. Tous les autres,instruits par la déclaration du Roi qui cassoit ce qui s’étoit fait, demeurè-rent fidèles. Les Parlemens ne répondirent pas mieux aux invitations,que leur avoit fait celui de Paris de l’imiter. Excepté celui de Bour-deaux , il n’y en eut aucun qui y eût égard. Au - contraire , celui deToulouze donna un Arrêt contradictoire, & celui de Bretagne mit sur-séance à ceux qu’il avoit donné auparavant contre le Cardinal.
E n conséquence de la démarche qu’on venoit de faire, on opina,trois ou quatre jours après, en présence du Lieutenant-Général & du Gé-néralissime , de deux grandes affaires. L’une, de trouver de l’argentpour payer la tête du Cardinal Mazarin , l’autre, pour trouver les moyensde faire la guerre ; car P Armée étoit réduite à deux mille cinq censhommes. II fût ordonné, qu’on acheveroit de vendre les meubles duproscrit, même les statues & les bustes antiques dont il avoit fait présentau Roi. Pour ce qui regardoit la guerre, on ordonna une assemblée deVille. Les Princes s’y trouvèrent. Ils vouloient se retirer, après avoirfait leurs propositions ; on se souvenois, qu’ils l’avoient fait le jour dumassacre, on les conjura de rester. II fût arrêté, que chaque porte co-ehère payeroit soixante & quinze livres, les grandes boutiques trente,
& les petites portes quinze.
L e Duc d’Orléans, en qualité d’Administrateur du Roïaume pendantla prétendue captivité du Roi, se choisit un Conseil. II le composadu Chancelier, des Ducs de Beaufort, de Nemours, de Sully, de Bris-sac, de la Rochesoucault & de Rohan , de deux Présidens de chaque
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