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HISTOIRE
lésa.
Le Prince deCondé s'ex-pose à êtredéfait.
Tom.pag. aï s.
prix la tête du Chef de la révolte, comme le Parlement avoit fait à l’é-gard du Cardinal Mazarin ; elle étoit même ménagée pour les expref-iìons. On ne les traitoit point de perturbateurs du repos public, d’en-hemis de la patrie; on y difoit simplement, que faute d’avoir íàtisfait auxprécédentes déclarations, & accepté P Amnistie, on les déclarait &c. Par-la on rendoit sensible une vérité, dont il importe extrêmement que lespeuples soient convaincus, savoir, que l’autorité légitime est ordinaire-ment moins violente , qu’une autorité usurpée. Et certes, ce fera tou-jours une espèce de prodige, infiniment glorieux à Anne d’Autriche &au Cardinal Mazarin , que de tant de coupables aucun n’ait péri fous lamain du bourreau, & que toute la vengeance, qu’on en a tirée, le soitréduite à faire sortir de Taris un petit nombre de séditieux, & à s’assû-rer de celui, qu’on avoit sujet de regarder comme le principal Auteurde ses longs désordres.
Pour déconcerter les projets des Généraux ennemis, qui se propo-soient d’hiverner dans la Champagne, dans la Lorraine , on n’avoit à leuropposer qu’une Armée de dix mille hommes, tandis que la leur montoità vingt-cinq mille. 11s s’emparèrent d’abord de Rhetel & de Chàteau-Porcien. Ces Places étoient foibles & mal munies, à peine rélìstèrent-elles quelques jours. 11s marchèrent ensuite à Ste. Menehoult, ils ne lapurent prendre qu’après treize jours de tranchée ouverte. De-là ils al-lèrent faire le siège de Bar-le-Duc.
L e Vicomte de Turenne les suivoit toujours , mais dans une distan-ce & avec des précautions proportionnées à l’inégalité de ses forces, secouvrant de quelque rivière ou de quelque défilé, pour éviter d’être sur-pris. II étoit à Vitri le François, lorsqu’il apprit que le Prince de Condévouloit prendre Bar-le-Duc. Ce dessein étoit téméraire. La situation duterrein autour de cette Place étant telle, que l’Armée qui l'assiège , doitse séparer ; & les postes font lì désavantageux pour les affiègeans contrele secours, que les retranchemens y font presque inutiles. Les bois dé-tendent en longueur à une lieuë de la Ville , & entre le bois & le Châ-teau est une plaine dominée par le Château ; la Ville haute est fur lebord d’une descente, qui conduit à la basse Ville. Dans le fond quiest étroit & entre deux collines, coule un ruisseau ; l’escarpe de chaquecôté est rude & difficile, de sorte , qu’en venant au secours du côté dubois, on n’a presque à combattre que contre les ennemis qui font de de-çà de ce ruisseau.
O n résolut de profiter de cette faute. Elle étoit íì grande, que leVicomte de Turenne n’a pû s’empêcherde dire dans ses Mémoires, queMonsieur le Prince entreprit ce siège nfi niant pas beaucoup songé, U qu’on rfapoint vu cïaclion , oìi il ait commis son Armée avec fi peu d’égard, étant trèsconfiant , que fi le siège eût duré , il ne pouvait pas sauver son canon , U qdìlétoit sort vraisemblable, que son Armée ne se sût pas retirée bien aisément. Laprésomption, & le peu d habileté du Gouverneur de cette Place tiral’ennemi du mauvais pas, où il s’étoit engagé. Ce Gouverneur, qui se
croioit