DE LOUIS XIV. LIV. XV.
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il alla pour le rencontrer. L’Abbé Fouquet avoit instruit ce Prince ; ilvit le Cardinal sans émotion ; il lui fit bon visage, lui demanda s’il avoitvû la Reine, lui dit qu’il alloit chez elle, & le convia de le suivre. Laviíìte fût courte , la conversation des plus froides ; en sortant il fût ar-rêté par Monsieur de Villequier Capitaine des Gardes du Corps. Surle soir, on le conduisit à vincennes. Ainsi finit la Fronde , il en avoitété le Chef, & il fût le dernier abattu.
Le peuple, surl’amour duquel il avoit tant compté, fût peu sensi-ble à sa disgrâce. On essaïa inutilement de l’animer, il demeura tran-quille. Loin de blâmer sa prison il l’approuvoit, souhaitant seulement,que le Cardinal Mazarin fût entériné avec lui , pour leur apprendre,disoit-il, à ne se point mêler des affaires d Etat. II n’en fût pas de mê-me du Chapitre de Notre-Dame. Ce n’étoit pas assurément par ses ver-tus Ecclésiastiques , qu’il s’étoit attiré l’affection des Chanoinesils n’igno-roient pas plus ses cabales , que ses intrigues amoureuses ; ils firent pour-tant en cette occasion beaucoup au-delà de ce qu’ils auraient dû fairepour le Pasteur le plus édifiant & le plus pacifique. Ils arrêtèrent unedéputation au Roi, pour demander fa liberté. L’Archevêque , son on-cle , fût en quelque sorte contraint de se mettre à leur tête. On leur ré-pondit, qu’on auroit toûjours pour PEglise , & pour ses principauxMinistres le respect, qu’on leur devoit par rapport aux fonctions Sacer-dotales , mais qu’étant débiteur de leur repos & de leur tranquillité, ondevoit veiller fur les actions de ceux qui pouvoient les troubler. Quele Cardinal de Retz Payant fait récemment depuis l’Amnistie, on s’étoitassuré de fa personne , pour empêcher de plus grands maux. Qu’aureste la Dignité de Cardinal ne l’empêchoit point d’être sujet, & nel’avoit point affranchi des obligations de fa naissance.
Le Chapitre ne trouva pas cette réponse assez solide. Par un abusinsupportable de ce qu’il y a de plus respectable dans la Religion, il or-donna , que le St. Sacrement seroit exposé pendant trois jours, pour ex-citer les peuples à la révolte. Leur dessein fût inutile, & peut-êtrepria-t’on plus pour la continuation , que pour la fin de la captivité duPrélat prisonnier. Si les Chanoines en avoient été les maîtres, ils au-roient fait fermer toutes les Eglises de Paris. Ils le proposèrent, maisl’Archevêque s’y opposa. Cette affaire eut de longues suites & causa dégrands embarras. Elle eut même été funeste au repos de l’Etat, si lesprojets de Joli & de Caumartin, dévoués à ce Cardinal eussent été exé-cutés. C’éít ce qu’on verra dans la fuite.
Le Prince de Condé étoit un ennemi redoutable. On s’appliquaparticulièrement à empêcher les suites de fa désertion, & à lui résister.Le treize novembre , le Roi vintj au Parlement, & fit enregistrer unedéclaration, qui le déclarait de nouveau Criminel de Lèze-Majesté,avec le Prince de Conti, la Duchesse de Longueville & tous leurs ad-hérans. Elle ordonnoit aussi la saisie de leurs biens , & les mettoit enrégie. Elle n’en ordonnoit point la vente ; elle ne mettoit point à
D d 2 prix
1652.
I.e Clergé sedéclare en fafaveur.
Modérationde la Cour àl’égard desRebelles.