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Tome second.
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HISTOIRE

—— neraent , & à la satisfaction des parties intéressées] ; c’ést ordinaire-I6f2. nient l’autorité Royale , qu’il faut concilier avec ses vrais intérêts &

5 ' avec ceux des Peuples. Ce font les droits de la Couronne , les anciens

usages , les libertés & les prérogatives de la Nation, qu’on a à dé-fendre contre les ennemis domestiques & étrangers qui les attaquent,& qui, pour les affoiblir & les détruire, trouvent quelques-fois le secretde se faire appuïer par le Souverain. 11 faut encore dans cet Emploisoutenir les droits de fa Compagnie , modérer son impétuosité , exciter soncourage , lui montrer le chemin qu’elle doit suivre , & l’engager à y entrer.

Mais ces difficultés croissent infiniment dans les tems de trouble &de division. Quelle habileté ne faut-il pas alors , pour fe conserverdans les différens partis l’estime nécessaire pour fe faire écouter? C’éstce qu’a fait le Magistrat , dont je parle. Sa probité l’a mis au-dessusde tout soupçon de partialité. Une exacte connoissance des maximes duGouvernement , des droits du Roi, des droits du Peuple , une ferme-té inébranlable à les suivre , lui acquirent , dans ces tems si difficiles ,í’estime & la vénération de ceux-mêmes qu’il combattoit. Egalementéloigné de la flatterie & de l’efprit de révolte , il parla librement con-tre tout ce qui lui parut condamnable ; il ne ménagea pas plus l’abusde l’autorité , que l’excès de la résistance. Ses harangues au Roi, sesdiscours à la Compagnie , étoient des leçons utiles ; il seroit à souhai-ter qu’on les eût suivies , & qu’on les méditât encore. Sans intrigue,fans vue d’intérêt , il ne connoissoit que son devoir , & le bien public,qui en étoit l’objet. La seule grâce qu’il obtint, après dix-huit ans deservice, fût la survivance de sa Charge pour son fils. Outre l’éloquen-ce, qui alloit jusqu’à faire les impressions les plus vives & les plussensibles , le bon sens , la raison étoient son caractère dominant. Unepiété solide sanctifient ses grands talens. Peu de tems avant fa mort ,jl composa une instruction pour servir de règle de conduite à son fils.Talon, W.8- „ Elle contient, dit ce fils digne d’un tel père, dessentimens si chrétiens,^ q élevés , & si dignes d’une homme d’honneur , que j’en estime plus„ la possession , que celles des biens qu’il peut m’avoir laissés “.

L’e' qui t e / m’a dicté cette espèce d’éloge, mais la reconnoissance y abeaucoup de part. C’ést à ses Mémoires , que je fuis redevable de lavérité & de l’exactitude , avec lesquelles je crois avoir dévéloppé lessecrets des différentes cabales, qui ont agité si vivement les premièresannées de ce Règne.

Fin du Livre quinzième.

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