DE LOUIS XIV. LIV. XV.
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de ne donneroit aucune protection aux enfans de Charles premier, & que le —
Prince d’Orange leur Cousin seroit exclu de toute charge. C’étoit appa- i6fz.-remment pour en venir là, que Cronrwel avoit chagriné les Provinces unies,
J e ne puis passer de cette année à la suivante , sans parler de la mort Eloge dude deux grands hommes ; je veux dire le Duc de Bouillon & l’Avo- de Bou-cat-général Talon. Le Duc étoit un grand homme en tout sens. II ll!on ‘s’étoit fort distingué par fa valeur , & fans avoir commandé d’Arméeil avoit acquis la réputation d’excellent Général ; mais ses plus grandstalens étoient pour le Cabinet. 11 avoit l’esprit net , fertile en expé-diais , & propre à démêler les affaires les plus difficiles. Un sensdroit & un discernement exquis les lui faifoient toujours prendre dubon côté. II parloit bien , avec éloquence même , mais c’étoit uneéloquence facile , naturelle , insinuante. Quoiqu’il n’ignorât pas fa ca-pacité , il écoutoit avec douceur les conseils qu’on lui donnoit , & seconduisoit de manière, qu’il paroissoit suivre les lumières des autresen suivant les siennes. Sous le Règne précédent, il entra dans les des-seins formés contre le Cardinal de Richelieu , & Sédan fût le refugede presque tous les Mécontens. Pour sauver sa vie il céda cette Princi-pauté. Les longueurs affectées de la Cour à lui donner le dédommage-ment qu’on lui avoit promis , & le caractère du nouveau Ministre, quicédoit a ceux qui fe faifoient craindre , le déterminèrent à prendre leparti des Parisiens. II prit ensuite celui du Prince de Coudé , & fût laprincipale cause de la prémière guerre de Guyenne. S’étant fait crain-dre , on le rechercha , & quand il eut amené les choses au point où illes fouhaitoit pour rétablissement solide & distingué de sa Maison, ils'sittacha sincèrement à la Cour , & la paya par íès propres services ,bien plus encore par ceux de son frère le Vicomte de Turenne, desgrâces qu’il en avoit reçues. II mourut à Pontoife d’une fièvre chau-de. 11 avoit alors grande part aux affaires , jusque-là même , qu’oncrut , que le Cardinal Mazarin n’auroít point été rappellé , si ceDuc avoit vécu plus longtems. Ce qui est de certain , c’ést que fagrande capacité , appuyée des grands services du Vicomte de Turen-ne , pouvoit lui frayer le chemin au Ministère. II laissa en mourantfa maison établie dans le rang de Prince jadis Souverain , avec desbiens proportionnés à ce titre. Je ne fais pourquoi il a plu à Mr. dé p as . J77 .la Rochefoucault de faire de ce Seigneur un exemple capable de guérirles hommes de l’ambition , & les dégoûter de tant de plans divers ;qu’ils font pour leur élévation. II est vrai qu’il lui en couta bien despeines & des inquiétudes , mais enfin il réussit, & l’opiniâtreté de fafortune avoit cédé à fa prudence.
Talon , Avocat-général, mourut le vingt-neuf décembre , d’une hy- Eloge de Mr.dropisie , qui l’avoit fait languir pendant trois mois. 11 étoit en charge Talon,depuis mille six cent trente-un. Personne n’ignore les grands talensque demande cet Emploi. En être revêtu , c’ést prefqu’un titre sûr d’unmérite des plus distingués. II est toujours difficile de s’en acquitter dig-
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