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Tome second.
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HISTOIRE

conduisit au Louvre. La Reine , qui regardoit ce retour comme une vic-16Y3.’ toire entière , le reçut avec une joye des plus vives & des plus marquées.Tout Paris entra dans les mêmes fentimens. II parut que ce Ministre , stuniversellement détesté , n’avoit plus d’ennemis, qu’on le regardoit mêmecomme le Libérateur de la France. Tous les Magistrats le complimentè-rent en Corps. On fit par toute la Ville des feux de joye. Pour marqued’une confiance & d’une réconciliation parfaite, fHótel de Ville l’invita àdîner. II y fût fans gardes. Ses nièces arrivèrent quelques jours après& eurent, comme lui, un appartement dans le Louvre.

U epuis son arrivée, fa puissance n’eut point de bornes. La Reinese déchargea fur lui de toutes les affaires , le Roi ne s’en mêla en aucunefaçon; on peut dire , qu’il régna jufqu’à fa mort aussi absolument qu’avoitfait le Cardinal de Richelieu. C’ést à quoi aboutirent les vains & crimi-nels efforts, qu’on avoit fait pour le perdre. Je puis dire, d’avance,que la manière, dont il fe conduisit, justifia la confiance excessive qu’oneut en lui.

II assure le S o n prémier soin fût de pourvoir au payement des rentes de l’Hó-

payement tel de Ville. C’étoit alors, comme ce Test encore aujourd’hui, le granddes re "T & objet des Parisiens. Avant son retour, les Rentiers s’étoient plaints,des Gens^de de ce que l’on ne payoit pas toutes les espèces de rentes avec la mêmeRobe. exactitude. II y eut fur ces plaintes plusieurs conférences au Louvre.

Les besoins pressans de l’Etat firent résoudre, qu’on ne prendroit quecinquante mille livres par semaine sur les Gabelles , ce qui n’étoit, auplus, que le tiers de ce qu’il falloit pour contenter le «Public. Le bruitaugmenta, le Prévôt des Marchands fût insulté, on vint au Palais feplaindre avec tumulte. Le Parlement, loin de les écouter , comme ilavoit fait autrefois, défendit les attroupemens, & ordonna d’informercontre ce qui s’étoit passé au sujet du Prévôt des Marchands & dans lagrande Salle. Le Cardinal Mazarin à son retour mit íì bon ordre à cetteaffaire, qu’on n’en entendit plus parler. 11^ fit la même chose par rap-port aux gages des Officiers des Cours Souveraines, ayant éprouvé plusd’une fois, que ces Meilleurs, lorsqu’il s’agit de leurs intérêts, sont auílìPeuple que les plus petits Bourgeois.

II ménage le I l s’appliqua aussi à ménager le Parlement. Quoique la soûmiffion &Parlement, so respect eussent pris dans cette Compagnie la place de l’opposition & del’independance, qui y avoient presque toûjours régné depuis le commen-cement de ce règne, il y avoit encore un reste de levain. II avoit fallu ,que le Roi allât lui-même au Parlement faire vérifier plusieurs Edits, oné-reux à la vérité, mais absolument nécessaires pour terminer la guerrecivile , & repousser les Espagnols.

O n continuoit de souhaiter avec chaleur le rappel de Broussel & desautres exilés; on insistoit, pour que les remontrances fussent écou-tées ; & les Partisans de la Cour étoient obligés d’ufer d’artifices, pourempêcher l’Assemblée des Chambres. De plus, au commencement decette année, un Conseiller de la seconde des Enquêtes qui avoit été à

Pontoi- '