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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XVI.

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Pontoise, étant venu'pour rapporter un procès, tous les autres s’étoient >»retirés & l’avoient laiííë seul, & le lendemain ils lui avoient fait le même i6f?.affront. On avoit été obligé d’en exiler quatre des plus mutins, savoirle Clerc de Courcelles, Camus Pontcarré, Ville-montée, Voisin. LeurCompagnie n’approuvant point leur conduite peu pacifique, ils avoientdemandé grâce & l’avoient óbtenuë. Ces différens traits ne fàisoient quetrop voir, que ce Corps étoit plûtót dompté que soumis, & qu’il feraittoujours prêt de se servir des occasions, qui se présenteraient, pour re-prendre de nouvelles forces.

On réprouva encore plus sensiblement à Poccasion de Croiffi Conseil-ler au Parlement. II avoit été du nombre de ceux , qui avoient eu or-dre de sortir de Paris le lendemain que le Roi y etoit entré. Toû-jours attaché au Prince de Condé , il intriguoit fans cesse en fa faveur »particulièrement avec les amis du Cardinal de Retz, que fa disgrâceavoit réconcilié avec ce Prince. Croiffi fut arrêté à Paris le douze demars. Deux jours après les Gens du Roi présentèrent une Lettre decachet , par laquelle le Roi donnoit avis qu’il avoit fait arrêter ceConseiller , parce qu’il avoit intelligence avec les ennemis de l’Etat, &qu’il travailloit à former des intrigues dans Paris. Par la même Let-tre on commettoit le Chancelier , le Président de Bellièvre , & deuxConseillers de la Grand-Chambre pour lui faire son procès.

I l est dú-moins auffi difficile de faire le procès à un Officier du Par- Commence-lement , qu’à un Evêque. On trouva , qn.-; cette forme de nommer ment d’émo-des Commissaires étoit extraordinaire & fans exemple. II n’y avoit p°u en f e n n s t / epourtant pas bien long-tems , que le Président jle Thou avoit été con-damné par des Juges nommés par le Roi. Pa* arrêt , l’on commit les Talon, vol. 8.quatre, que la Lettre de cachet nommoit. Le fondement de leur pou- part .,. pag.voir , disoit-on, devant être la nomination du Parlement, non celledu Roi. Croiffi refusa de répondre, & soutint qu’il de volt être inter-rogé les Chambres assemblées.

Pour lever cette difficulté , on envoya au Parlement une déclaration ,qui ordonnoit aux Commissaires d’achever le Procès & Pinítructiontoute entière , fans rapporter l’interrogation , asm de faire ordonner ^la confrontation , & ce nonobstant récusation V prise à partie & sans J

préjudice ficelles. Le Chancelier vint appuïer cette déclaration , ellefut refusée. On se plaignit, qu’elle donnoit atteinte aux privilèges duParlement ; on cria fort contre la clause , qui défendoit d’avoir égardaux récusations & prises à partie. Elle étoit pourtant du stile ordinai-re ; mais tout est matière d’incidens à des esprits capricieux.

Au-lieu de consentir à cette déclaration, ils donnèrent Arrêt, quele prisonnier serait transféré de Vincennes à la Conciergerie ; sous pré-texte qu’il n’étoitpas juste , qu’il ne fût pas au pouvoir des Juges demettre en liberté celui qu’ils avoient droit d’absoudre. La Cour irri-tée , envoya une juffion de vérifier fa dernière déclaration. On avoitreformé la clause concernant la récusation, mais la Lettre de juffion

finissoit