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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XVI. 2Zi

L a guerre civile étoit éteinte dans le cœur du Roïaume, mais elleíubsistoít encore en Bourgogne & en Guienne. Les Espagnols animés parle Prince de Condé, comptant fur fa valeur & son habileté, particulière-ment sur ses intelligences , se préparoient à faire les plus grands effortspour profiter de leurs avantages. La France épuisée , obligée de partagerses forces, paroissoit hors d’état de résister à tant d’ennemis. On pour-vût cependant à tout, on dompta les rebelles, & on arrêta les progrèsde l’Efpagne ; on commença par la Bourgogne.

Le Prince de Condé en se défaisant du Gouvernement de cette Pro-vince pour avoir celui de Guyenne, s’étoit réservé Seurre ou Bellegarde,qui en étoit la plus forte Place. Le Comte de Boutteville, si fameux de-puis fous le nom de Maréchal de Luxembourg, y commandoit dansle tems dont je parle. II désoloit ce Duché par les contributions qu’il entiroit, & par les courses fréquentes qu’il y failbit faire par fa garnison.On envoya des troupes au Duc d’Epernon, qui avoit succédé dans ceGouvernement au Prince de Condé. Le neuf de mai, cette Place in-commode fût investie. On ne fit point de circonvallation, parce quele secours n’étoit à craindre que du côté de la Franche Comté, quiétoit neutre. La nuit du treize au quatorze, la tranchée fût ouvertepar le Régiment de la Marine , & le peu de troupes, sur-tout d’in-îanterie, obligea de ne faire qu’une attaque. Le seize on battit laPlace de dix pièces de canon. Les travaux furent poussés si avant,que le vingt on établit une batterie proche la Contréscarpe ; on enplaça une autre de l’autre côté de la Saône, pour battre à revers cetteContrescarpe & y faciliter le logement ; enfin on se logea au pied duglacis.

L e Comte de Boutteville se défendit. avec toute la vigueur & l’ha-bileté qu’on attendoit de lui. II disputa le terrein, fit de fréquentessorties, chassa plusieurs fois les Afsiégeans des postes dont ils s’étoientemparés. Enfin au commencement de juin, le mineur fût attaché auCorps de la Place, le fossé desséché & comblé de fascines. Le Mar-quis d’Uxelles, qui commandoit fous le Duc d’Epernon, fit dire à Bout-teville qu’il donneroit l’aífaut fans le sommer, ajoûtant, qu’on en usoitde cette manière avec les rébelles. II fallut capituler. La Capitulationfût signée le six ; il en sortit le huit avec sept cens hommes qui furentconduits à Stenai.

Selon les ordres de la Cour, on commença par raser cette Placesitôt qu’on en fut maître. Les troupes furent occupées à ce démolisse-ment jusqu’au huit juillet. C’ést apparemment ce qui a fait dire à quel-ques Ecrivains qu’elle ne fût prise que ce jour-là. Cette conquête assura latranquillité de la Bourgogne, & il ne resta plus que la Guyenne à sou-mettre , pour être en liberté d’emploïer toutes ses forces contre les en-nemis de la Couronne.

On en vint à bout par les Négociations & par la force, bien pluspromptement qu’on ne devoit l’espérer. Le Duc de Caudale, qui avoit

pris

!6sZ.

La révolteéteinte enBourgogne.

On presse laGuyenne.