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Tome second.
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HISTOIRE

!6sZ.

On veutl’en-gager à se dé-mettre.

On défendl’entrée duRoïaume àun Nonceextraordinai-re.

Retz , Tom.

; fag. 29».

Lettres étoient remplies de marques de foiblesse & de chagrin. Ce n’estpas ainíì qu’il se dépeint lui-même dans ses Mémoires ; rnais doit-on l’en-croire ? n’est-il pas visible qu’il y fait perpétuellement son panégyrique,& que toutes les fautes qu’il paroît se reprocher, ou sont des foiblessesqui ne déshonorent point, ou des excès de courage & d’intrépidité quifont honneur?

Mazarin aïant déconcerté les intrigues qu’on vouloit faire en faveurde son rival, s’appliqua à Pamener au point où il le souhaitoit. II lui fitproposer de se démettre de sa Coadjutorerie, ou , ce qui revenoit au mê-me , de renoncer à l’Archevêché de Paris. Si le prisonnier n’eût pas étésoutenu par les conseils & les reproches de ses amis, sur-tout de Cau-martin, & peut-être du prémier Président, la Négociation n’eût pas étélongue. L’amour de la liberté, l’envie de vivre , Pendent bienvîte dé-terminé à accepter les conditions avantageuses qu’on lui offroit ; mais onlui fit tant de honte de fa foibleíTe, qu’il se soutint jusqu’au mois de marsde Pannée suivante.

Ces propositions ne furent pourtant pas inutiles. Elles mirent lePublic du côté de la Cour. Tout ce qu’il y avoitde personnes sensées,jugèrent, qu’après ce qui s’étoit passé , il ne convenoit en aucune fa-çon que PArchevêché de la Capitale demeurât entre des mains si suspectes.Par là on se mit en droit de résister au Pape, & de mépriser ses mena-ces. Ce Pontife partial, & ennemi de la France autant pour le moinsque du Cardinal Mazarin, avoit pris P affaire avec beaucoup de hauteur.Son Nonce à Paris avoit fait des plaintes fort vives. On l’avoit confon-du en lui reprochant l’inaction & la tranquillité où il étoit demeuré,lorsqu’on avoit mis à prix la tête d’un Cardinal que le Roi protégeoit& honorait de fa confiance.

Le peu de succès de ces représentations déterminèrent le Pape àenvoyer un Légat. II eut défense de passer Lion. Les Gens du Roi par-lèrent fortement contre cette entreprise ; ils la traitèrent d’insoutenable,d’attentatoire à l’autorité Roïale & aux prérogatives essentielles de laCouronne. Ils déclamèrent contre la partialité du Pape ; ils relevèrent ceque ce Père commun avoit dit plus d’une fois, que 11 on pouvoit met-tre ensemble deux mille hommes armés en faveur du Cardinal prisonnier,il envoyeroit un Légat pour se mettre à leur tête. II y eut Arrêt con-forme aux conclusions. Défenses furent faites au Légat, ou Nonce ex-traordinaire , d’entrer dans le Roïaume, & d’y faire aucune fonction ;le Roi supplié d’user de son autorité pour lui en empêcher Pentrée, oul’en faire sortir. Cette fermeté contint la Cour de Rome, & empêchales éclats aux-quels, selon fa méthode, elle se ferait infailliblement portée,si l’on avoit molli. Cette espèce de procès dura longtems. La sagesse duCardinal Mazarin, l’imprudence, l’irrésolution , la foiblesse d u Cardinalde Retz, en rendirent les suites bien moins fâcheuses, qu’elles n’auroientpû l’être. C’est ce qu’on verra dans les années suivantes.

La