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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XVI.

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avantageux, qui rendoit maître de la Dordonne, & qui mettait en état —*™—d’affamer Bourdeaux, on marcha à Libourne, autre poste important sur iôfj.cette même rivière. Elle fût attaquée le treize juillet, & si furieusementbattue, qu’elle fût obligée de se rendre le dix-huit.

Ces conquêtes estimèrent la populace de Bourdeaux, & mirent les DispositionRoyalistes en état d’exécuter le dessein , qu’ils avaient formé depuis long- <J es espritstems, de délivrer leur Patrie des maux qu’elle éprouvait depuis près de c£t|te

deux ans, & de ceux dont elle était menacée. Le Prince de Condé ,en quittant la Guyenne, y avait laissé le Prince de Conti & la Duchessede Longueville. Je ne parle point de son Epouse, qui était comptéepresque pour rien dans la Maison de ce Prince , ni du Duc d’Enguien sonhls, trop jeune encore pour entrer dans aucune affaire. II chargea le Comtede Ma rein du commandement des troupes, & f Ainé, Conseiller du Par-lement de Paris, de ce qui concernait la Police , les Finances , & la Po-litique , sous prétexte d’aider son frère & fa soeur à lui conserver cetteProvince. Ces deux confìdans exercèrent leur emploi avec hauteur &indépendance. Le Prince de Conti en fût offensé ; il s’en plaignit inutile-ment; de-là, le dégoût & le refroidissement de zèle. Déplus, ce Prin-ce & cette Princesse si unis jufqu’alors, se brouillèrent avec éclat ; &plusieurs de ceux qui les approchaient, gagnés par le Cardinal Mazarin ,loin de les réconcilier , ne travaillèrent qifà les aigrir de plus en plus.

O n s’étoit servi du peuple pour intimider les honnêtes gens, & empé- La populacecher l’effet de leurs bonnes intentions pour la paix , à l’exemple de ce qui y domine,s etoit lait à Paris. Ce peuple s’assembla d’abord dans une place plantéed’ormes, d’où ces Assemblées prirent le nom d’Ormées, & ceux qui enétaient, ou qui les approuvaient, celui d’Ormistes. Vif & ardent comme onest dans cepaïs-là, & personne n’ayant assez d'autorité, ou de tête pourdiriger cette populace & la contenir dans de certaines bornes, elle se por-ta bientôt à d’étranges excès ; ce n’étoit que pillage & que meurtres.

L’ARCHEvê q_u e en était sorti dès le commencement de la révolte.

Bien lui en avait pris, car on ne l’auroit pas plus épargné que tant d’au-tres. Les désordres croissant à l’excès., il excommunia tous ceux qui por-taient les armes contre leur Roi, défendit aux Prêtres & aux Curés deleur donner l’absolution. Quelques Prédicateurs, à l’occasion de ces dé-fenses , voulurent parler de paix & d’obéïssance ; on s’éleva contre eux &on les maltraita. Un Cordelier , entr’autres, nommé le Père Ithier fûtpresque assommé de coups , on le traîna en prison, on lui sit faire aman-de honorable ; il fût peu de tems après récompensé de son zèle & de cesmauvais traitemens par l’Evêché de Glandève. Leur fureur alla, jusqu’àfaire mettre à la question un des parens de ce Cordelier. Personne nefût épargné ; des Présidens , des Conseillers furent emprisonnés, & trai-tés avec beaucoup de dureté.

Pour arrêter les progrès des armes du Roi, l’Ormée envoya des Lromvveì^Députés en Espagne & en Angleterre pour en obtenir du secours. La dusccouis.Cour de Madrid, à son ordinaire, promit beaucoup & ne fit rien. Pour

Tome II. Gg Crorn-