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Tome second.
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HISTOIRE

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—— Cromwel, à peine les écouta-t-il. II étoit embarrassé par la guerre qu’ilIdf3» faiíoit aux Hoílandois. II ne vouloit point se brouiller avec la France.II aimoit beaucoup mieux son amitié , que celle de l’Espagne, qui lerecherchoit avec les derniers empressemens. D’ailleurs, Paris rentrédans le devoir, le Prince de Condé forcé à se retirer, raccommodementdu Comte du Doignon, les différentes cabales de Bourdeaux, lui faiíòientVoir,qu’elle seroit bientôt forcée de recourir à la clemence de son Souverain.L’amour de Le Prince de Conti avoit d’abord favorisé ì’Ormée, il s’étoit mêmej a paix prend trouvé à ses Assemblées tumultueuses ; mais il avoit été indigné de leurle dessus. ^xcès, & étoit rebuté de leurs emportemens, qu’il n’étoit plus, ou qu’iln’avoit jamais été maître de modérer. Le précipice où le Prince sonfrère s’étoit jetté le faisoit trembler ; il ne vouloit absolument point sui-vre son exemple & partager ses disgrâces ; il souhaitoit la paix. LaDuchesse de Longueville étoit à-peu-près dans les mêmes dispositions,& elle étoit fi ennuïée de la guerre , que si elle n’avoit point craint deretourner avec son mari, elle auroit fait les prémières démarches vers la paix.

Ceux des leurs qui étoient dans la confidence du Ministre, ne luilaissèrent point ignorer ces dégoûts, & les dispositions favorables qu’ilsavoient produits. II fit faire sous main des propositions, assura d’untraitement favorable. Elles furent écoutées, & quoi qu’on prévit les re-proches qu’on auroit à essuïer du Prince de Condé, qu’on avoit engagépresque malgré lui à pousser ses mécontentemens jusqu’aux derniers ex-cès de la révolte, on résolut de l’abandonner , & de se sauver du nau-frage par un bon accommodement. Le Prince de Conti, sur-tout , dis-simula ses sentimens. U n’ósa les témoigner à la Princesse de Condé,ni à Marcin, ni à l’Ainé ; il tenoit même des Conseils avec eux pourcontenir ceux qui vouloient se soumettre.

Les succès de l’Armée Roïale rendirent ces Conseils inutiles. Lesbons Bourgeois firent comprendre au peuple, qu’il étoit teins d’ouvrirles yeux fur le danger qui le menaçoit ; que s’il différois à rentrer dansson devoir, il seroit bientôt contraint de se rendre à discrétion. Cesmurmures surent appuïés par des Lettres du Roi, qui exhortoient leCorps de la ville à réprimer les séditieux , & à les contraindre à rece-voir le pardon qu’on leur offroit. Les principaux habitans prirent lesarmes, ils s’assemblèrent à la Bourse. Ils représentèrent, qu’ils étoientbloqués de tous côtés ; qu’ils n’avoient point de secours à attendre ;que les bords de la Garonne étoient si bien gardés, qu’une flotte mêmene pourroit les’dégager; qu’il n’y avoit plus qu’eux qui tinssent contrele Roi ; que son Armée étoit en état de les serrer de plus près, & deles réduire aux dernières extrémités, en danger de ne pouvoir obtenirgrâce, au-Iieu qu’actuëllement on la leur offroit.

Ces répréíentations eurent tout l’effet qu’on pouvoit souhaiter. IIfût arrêté, presque tout d’une voix, qu’on envoïeroit des Députés.Les Ducs de Vendôme & de Candale les reçurent parfaitement bien,& les assurèrent, qu’ils avoient plein pouvoir de leur accorder des con-ditions