HISTOIRE
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—— en son nom, leur firent les promesses les plus capables de les tenter. Au
1même tems on faisoit courir les bruits les plus fâcheux. On leur donnoitavis qu’il avoit été résolu de les égorger dans leurs maisons ; on leur repré-sentoit les dangers auxquels ils seroient exposés pendant les désordres dela guerre civile , parlalureur de la populace, ou par le zèle des Ecclé-siastiques ; on leur faisoit entendre, qu’ils dévoient pour leur sûreté sejoindre à un Prince capable de les défendre, & qui leur sauroit gré dece qu’ils seroient pour Ion service ; on ajoutoit, que le prémier Ministreétoit Cardinal, Italien , sans bonne foi, sans reconnoissance , & qu’ilsn’en pouvoient rien attendre de bon, quand une fois il seroit affermidans le Ministère. On ne pût rien gagner fur eux , & par-tout
où ils se trouvèrent assez forts ils se déclarèrent pour le parti du Koi. LaRochelle se déclara contre le Comte du Doignon son Gouverneur ; ellerompit ses desseins, & secondée des troupes Roïales, elle le contraignitde se sauver en désordre. Saint Jean d’Angéli, dont le Cardinal de Ri-chelieu avoit fait sauter toutes les fortifications, se défendit elle-méme con-tre les rébelles, & envoya bon nombre de ses habitans joindre P Armée duRoi, où ils servirent à leurs dépens. Montauban en fit de même , & ren-dit de très grands services. Clerac se déclara pour le Roi aussi-tót qu’el-le fût en liberté de le faire.
Cette année-là même il se tint à Aymer un Synode des Eglises de labasse Guienne. Tous les Ministres & les Anciens résolurent, qu’on setiendroit dans l’obéïssance ; on en dressa des Actes exprès ; la plûpartdes prédications, des instructions roulèrent fur cette matière, & ne fu-rent pas inutiles. Les Réformés se conduisirent avec autant de sagesse dansle Vivarez & dans les Cevennes. Tous se déclarèrent pour le Roi, &lui fournirent des troupes à leurs dépens ; secours d’autant plus consi-dérable , qu’on étoit alors dans une extrême disette d’argent.
I l est certain que dans ces circonstances, la réunion du parti Protes-tant à celui des Mécontens auroit pû avoir de terribles suites. L’ambitiondu Prince de Condé ìi’avoit point de bornes. II n’avoit pas si l’on veutde dessein formé, mais s’il avoit eu de bons succès, il auroit suivi safortune aussi loin qu’elle eut pû le conduire. On y avoit insensiblementdisposé les peuples par les bruits qu’on avoit osé répandre contre la vertude la Reine & sur la naissance du Roi, & on n’auroit eu besoin que dequelques Victoires importantes pour donner un air de vérité à ces bruitsinsensés, qu’on ne publioit certainement pas fans avoir quelque dessein.Ces services & cette fidélité furent d’abord en quelque sorte récompensés ;mais bientôt on revint au plan du Cardinal de Richelieu, comme on leverra sn son tems.
Tin ân Uvre seizième.
HIS-