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Tome second.
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DE LOUIS XI Y. LIV. XVI.

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pluralité des voix; il nomme ceux qui doivent composer ce Conseil.Tous acceptent & jurent de s’en tenir a ses arrengemens. Son Testament,qui les contient, est même publié & enrégistré avant qu’il meure ; toute-fois à peine a-t-il les yeux fermés, que toutes ces dispositions font anéan-ties. Qu’on cite donc la Loi que ces dispositions violoient, ou plutôt,qu’on explique pourquoi on a violé toutes les Loix qui les autorifoient.

Autre sujet d’étonnement. C’ést au Parlement qu’on s’addresse pourfaire annuller ces dernières volontés d’un Père & d’un Roi. Ce Parle-ment, qui ne réprésente point la Nation, qui ne tient son autorité quedu Souverain , qui n’est établi que pour rendre la justice aux particuliers,qui a tout-au-plus droit de faire des remontrances, qui n’en a aucun dedisposer de la Couronne , ni de la forme du Gouvernement, c’ést cetteCompagnie, qui, sans examen, fans discussion, sans motiver son Arrêt,sans citer aucune Loi par conséquent de son autorité, donne le pouvoirsouverain. Je crois qu’on s’eíforcera inutilement de concilier ces difficul-tés ; à moins qu’on ne dise , que tout ce qui a la moindre apparenced’un Gouvernement Républicain, ou non arbitraire, doit être rejetté,comme opposé à sa constitution.

L’exce's des impositions donna naissance aux troubles. Dès quePoppression est réelle , quiconque peut se faire écouter, a droit de se plain-dre. Le Parlement prit en main la cause du peuple; c’étoit peut-êtreson devoir , & rien ne lui étoit plus honorable que de s’en acquiter.Dans les circonstances, il eût été facile de remédier à ces abus, & derétablir l’eí'pèce de Tribunal, qui avoit empêché pendant tant de sièclesl’excès de la puissance Roïale ; mais ce qui fera à jamais la honte de ceCorps, ses intentions se corrompirent bien vîte ; il oublia les misères pu-bliques pour penser à ses intérêts particuliers ; il se livra à l’esprit de fac-tion ; il devint le jouet de l’ambition de tous ceux , qui voulurent mettreà profit les mécontentemens du peuple pour s’élever; la division s’ymit,la subordination , la sagesse même en fût bannie ; la licence , l’impétuositéy régnèrent, & une espèce de fanatisme & de fureur dictèrent maints Ar-rêts. On ne proposa d’assembler les Etats que pour intimider la Cour.Les peuples trompés par l’espérance d’un sort plus doux, donnèrent aveu-glément dans les pièges qu’on leur tendoit. Le sentiment de leursmaux, qui se multiplièrent à l’infini, les détrompa, & leur fit compren-dre , qu’une soûmiffion sans bornes étoit préférable à la liberté, dont onne les avoit flattés que pour les rendre plus malheureux. La Noblesseentra dans ces sentimens, & tout d’un coup il se forma dans la Nationun esprit de timidité & ^assujettissement, qui l’a mise dans l’état où elleest aujourd'hui, & dont apparemment elle ne se relevera jamais.

L’e'q_uite demande que je fasse encore une remarque. Les Re-ligionnaires, que le Cardinal de Richelieu avoit si fort maltraités, & qu’-on ménageoit assez peu dès le commencement de ce règne, furent lesplus fidèles pendant les troubles. Le Prince de Coudé n’eût pas plûtôt prisles armes qu’il chercha à se les attacher. Ses Agens, qui les sollicitaient

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Sagesse & fi.délité desRéformés,