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Tome second.
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HISTOIRE

— & dix mille chevaux pour s’opposer aux vastes projets des Espagnols.i 6 sZ. Leur Armée étoit forte de trente mille hommes. Leur artillerie confis-toit en quarante pièces de canon, ce qui étoit en ce tems-là un appareilformidable-; & , iur quoi ils comptoient encore d’avantage , ils avoient àleur tête le Vainqueur deRocroi, deFribourg, de Nortlingue & de Lens,intéressé par fa gloire & par ses reífentimens à mettre tout en oeuvre,afin de répondre à leurs espérances & de fe faire regretter. Son desseinétoit de pénétrer en France, de fe rapprocher de Paris, d’y ranimer sesPartisans & ceux du Coadjuteur, qui étoient en grand nombre, & quin’étoient tranquilles que parce qu’ils n’étoient pas soutenus.

Campagne T o u t paroissoit concourir à rendre immanquable l’exécuticu de ce

de Flandre, dessein. Le Roïaume étoit presqu’également ouvert du côté de la Picar-die & de la Champagne, oténai, Mouzon, Rhétel assuraient l’entréede cette dernière Province. La Capelle , qui assurait la communicationavec les Païs-Bas, donnoit la facilité d’attaquer les Villes de la Sommeou de l’Oife. Cependant ces espérances, st bien fondées, fe réduisirentpresqu’à rien par la diligence & par la justesse des vues du Vicomte deTurenne. II se mit en Campagne avant les ennemis, & s’empara deRhétel, avant qu’ils sçussent que son Armée étoit assemblée.

Cette Ville est située sur P Aisne, qui, après avoir arrosé unepartie de la Champagne , perd son nom en se jettant dans l’Oise , un peuau - dessus de Compiègne. Ce poste étoit considérable alors, par la faci-lité qu’il donnoit d'étendre les contributions jusqu’aux portes de Paris.Le Marquis de Persan y commandoit au nom du Prince de Coudé. Lagarnison étoit de huit ou neuf cens hommes. Elle avoit paru suffisante,mais elle ne l’étoit pas , à cause de l’importance de la Place , & du dan-ger où elle étoit d’être attaquée ; le double de ce qui y étoit en auraitrendu le siège plus difficile, du-moins, elle aurait tenue assez longtemspour espérer d’être secourue. Si le Prince de Coudé ne se fût pas lais-sé prévenir, & qu’il eût assemblé son Armée sous Rhétel, aïantà fa gau-che Stenai & Mouzon, à fa droite la frontière des Païs-Bas, d’où ilpouvoit tirer des vivres, il aurait été impossible de conserver une gran-de étendue de Païs, qui auraient été pour ainsi dire à fa discrétion.Verdun, St. Dizier, Vitri, Laon, Soisions, Reims, Châlons auraientété également exposés.

Prise de Rhé- Le Vicomte de Turenne avoit si bien connu ce qu’auroit dû fairetel par les Pennemi, qu’il prit de justes mesures pour s’y opposer. II persuadaAíTto au Cardinal Mazarin qu’il falloit absolument l’empêcher de commenceríom.l p. 20. L Campagne sur l’Aisne ; que Punique moyen d’y réussir étoit d’empor-Qumd , tom. ter Rhétel. Dans cette vue st passa la rivière d’Aisne à trois lieuës de cet-L, V- > 7 i- te Place, & fe campa précisément dans Pendrait, où les troupes Espa-tom^paR gnôles, qui avoient hyverné dans la Flandre & dans le Luxembourg,221, ‘ auraient pû fe joindre Cette jonction ainsi empêchée, il falloit deux

Histoire de ou trois jours à Pennemi pour résoudre, si ses troupes, qui étoient fur

Louis 11. la