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Tome second.
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11 coupe lesvivres à l’en.nemi.

Le force defe rappro-cher de laFlandre.

244 histoire

résolution qu’ils avoient à prendre. Ils n’ósoient s’avancer au-delà del’Oise ; ils ne pouvoient attaquer aucune Place fur cette rivière , ni furla Somme , fans avoir fur les bras l’Armée Françoise , que l’habiletédeson Générai rendoit formidable. Quoique la campagne fût couvertede bleds , ils manquèrent bientôt de vivres ; tout le Pais étoit contre eux ,ils n’y avoient point de Place. Le Vicomte de Turenne veilla avec tant desoin fur leurs divers mouvemens, qu’ils ne purent en enlever aucune ; ilenvoya à propos des troupes dans toutes celles qu’ils auroient pû insulter.

Leur embarras augmenta considérablement. On surprit une Lettre enchiffre. On découvrit que le Corps qu’ils avoient vers Cambrai , de-voit les venir joindre , & servir d’efcorte à un grand convoi ; on sa-voit par Bapaume tout ce qui se paffoit à Cambrai. Quand le convoifût prêt , l’Armée Françoise passa la Somme à Ham , & s’avança versPeronne ; le Vicomte lui-même à la tête de cinq mille chevaux marchajufqu’auprès de Bapaume. Le convoi rentra dans Cambrai. Les ennemisle sachant, quittèrent Roie , & repassèrent la Somme l’onzième d’août àCerisi , entre Peronne & Corbie. J’óse le dire , qu’on lise tant qu’onvoudra , on ne trouvera point de manœuvre plus sage , & en même temsplus hardie , que celle du Général François. Sans s’exposer il tient sonennemi en échec , & l’empéche de former aucune entreprise ; enfin , enparaissant lui abandonner la Picardie & le reste du Roïaume , il le contraintde renoncer au projet d’y pénétrer & de s’y établir.

Outre le besoin de vivres & de munitions, qui obligeoit l’Armée en-nemie de Rapprocher de la Flandre, le Prince de Condé avoit forméle dessein de chercher le Vicomte de Turenne pour le combattre , &le mettre hors d’état de le gêner , comme il avoit fait jusqu’alors. Enremontant la Somme, il apprit que son ennemi étoit posté à unelieue de Peronne, proche du Mont St. Quentin , fans être retranché ;il partit la nuit , & marcha avec toute la diligence possible dans ledessein de se battre. Le Maréchal de Turenne , toûjours attentif àce que l’ennemi pouvoit entreprendre , s’étoit posté le long d’unruisseau, qui couloit au pied du Mont St. Quentin, & tomboit dans laSomme proche Peronne. Ayant eu avis le lendemain douzième d’Août,que l’ennemi jettoit des ponts fur la Somme , il marqua un camp unpeu au-dessus de Manancourt , pour s’y retirer au cas qu’on continuâtde marcher à lui. Ces mesures sagement prises pensèrent être renver-sées par la précipitation du Maréchal de la Fer té. On comptoit quel’on ferait averti de la marche de f Armée ennemie ; elle avoit été íiprompte qu’elle avoit passé Bapaume avant la pointe du jour, de ma-nière que tous les partis avoient été coupés , & qu’il ne leur avoitpas été possible de donner aucun avis. Les gardes avancées du Maré-chal de la Fer té donnèrent la prémière allarme; au-lieu de marcherpour occuper le terrain dont on étoit convenu la veille, il fit marcherí’aîle gauche qu’il commandoit , A la fit avancer vers Peronne. LeVicomte de Turenne revenoit de cette Ville où st étoit allé de grand

matin