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Tome second.
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DE LOUIS XIV. L IV. XVII.

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matin pour envoyçr à la découverte au-delà de la Somme. Témoin de « 1 — .

ce désordre , il fit avancer l’aíle droite pour joindre la gauche dejà 165-3.rangée en bataille. 11 vit alors que la situation étoit des plus désavan-tageuses , & qu il ne pouvoit manquer d’être battu. En effet , les en-nemis fort supérieurs en nombre , pouvoient le prendre en flanc ; ledernier Escadron de son aile n’étoit qu’à la portée du pistolet d’une col-line , d’où ils pouvoient la désoler de leur canon & de leur mousqueterie,

& la charger lorsqu’ils la verroient ébranlée.

Dans cette extrémité, il fit comprendre au Maréchal de la Ferté, II fauve sonqu’il falloit gagner la hauteur par où l’ennemi venoit à eux , qu'ils ne Armée,pouvoient être ailleurs dans un terrein plus fâcheux que celui où ilsétoient ; que l’Armée étoit dans une consternation générale ; que Tuni-que moyen de la raffúrer étoit de changer de poste. On marcha furcette hauteur. Dès que le Vicomte y fût arrivé avec les premiers es-cadrons à la tête deíquels il s’étoit mis, il envoya de Varennes , ancienOfficier qui avoit servi sous lui en Allemagne , & en qui il avoit uneparfaite confiance , pour découvrir aux environs quelque camp avanta-geux. II s’en trouva un à une petite demi - lieuë. C’étoit un vallon ; ladroite étoit défendue par le ruisseau qui vient de Roiset & qui se jettedans la Somme un peu au-dessus de Peronne ; la gauche étoit cou-verte par une montagne fi escarpée, qu’011 ne pouvoit y monter ni àpied ni à cheval ; la distance entre le ruisseau & cette montagne fai-íòit un front de vingt ou trente escadrons. On marcha aussitôt vers ceposte, qui devoit être le salut de T Armée, & on en chassa quelques cou-reurs de Tennemi , qui y étoient dejà arrivés. On fit promptement tra-vailler Tinfanterie , en deux ou trois heures on fut retranché.

La différence de situation redonna du courage au soldat. Loin decraindre Tennemi , il souhaitoit son arrivée , bien convaincu qu’il neseroit pas attaqué impunément. Cinq redans , dont chacun pouvoitcontenir cent hommes , étoient à la tête du camp ; on y avoit placétoute Tartillerie , dont Tennemi auroit essuie le feu, avant que de voirl’Armée qu’il seroit venu attaquer , & qui auroit pû le charger ^ à sonchoix avec de la cavalerie & de Tinfanterie dans un terrein fl étroit,que la feule aile droite formoit quatre ou cinq lignes, qui se soute-noient Tune l’autre ; tandis que la gauche , située fur le penchant descollines voisines, étoit à portée de la seconder en cas de besoin.

Su Ries deux ou trois heures après midi , on commença de voir f? krîncsâsl’Armée d’Espagne , marchant en battaille le long de la montagne , qui j> a ° t " a( f u ” r> eétoit sur la gauche, & qui resserrait le terrein , par où elle avoit cruoouvoir attaquer d’abord. Elle fit halte environ à une demie lieuë ,

' 'infanterie ayant apperçu le ruisseau pour étancher la soif ardente qui' a tourmentoit. Le Prince de Coudé , qui avoit crû courir à une vic-toire certaine , vouloit se battre en arrivant ; peut-être auroit-il réussià force de sacrifier du monde, comme il avoit sait autrefois à Fri-bourg ; mais le Comte de Fuensaldagne plus phlegmatique , & qui n’é-

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