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Tome second.
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HISTOIRE

1654.

MotteviHe ,tom. 4. pag.401.

Le Prince deConti épouseune de sesNièces.

II se réconci-lié sincère-ment.

Matteville ,tom. 4. pag.

Montglat ,tom. 4.

?ag- 46.

Vie de Condé,pag. 444.

ces da sang méme recherchèrent son amitié & souhaitèrent son alliance.Le Prince de Conti, depuis raccommodement de Bourdeaux, s’étoit re-tiré à Pezenas ; il s’y ennuya bientôt. Brouillé avec le Prince de Con-dé , dont il avoit abandonné les intérêts & refusé de partager les disgrâ-ces , mal à la Cour à cause de tout ce qui s’étoit passé , dégoûté absolumentde l’Etat Ecclésiastique, il pensa à se tirer de cette pénible situation.

I l s’addressa au Cardinal Mazarin, lui demanda son amitié, & son al-liance , & s’offrit à lui remettre tous ses bénéfices. Ces propositions fu-rent reçues avec joïe. L’affaire fût bientôt conclue. Le Prince arriva leseize février à Paris, & épousa cinq ou six jours après MademoiselleMartinozzi. C’étoit la plus aimable des nièces de ce Ministre. Avec dela beauté elle avoit une grande douceur, & beaucoup de raison & d’es-prit. Ces qualités, si capables d’attacher un Mari honnête homme,étoient perfectionnées par une piété solide. Le Prince en connut toutle prix, & entra bien vite dans les mêmes sentimens. La Maison deConti fût dans la fuite une Maison édifiante par la piété, par la régula-rité qui y régnèrent ; sur-tout par l’union constante & le vrai & tendreamour du Prince & de la Princesse.

C e Prince avoit besoin de se réformer. Avant son mariage il necroioit pas trop en Dieu, à ce que l’on disoit. II étoit extrêmementdébauché, & ce fût par le moyen d’une de ses maîtresses, qu’on l’avoitdétaché des intérêts de son frère. 11 étoit devenu amoureux à Bourdeauxde Madame de Calvimont. Le Ministre la gagna , fans doute à forced’argent. Cette femme quitta son mari & suivit le Prince à Pezenas. Cefût un scandale publique, qui dura jusqu’à ce qu’il vint se marier à Paris.

L a réconciliation du Prince de Conti avec le Cardinal fût sincère ;soit que l’empire que son Epouse prit sur son coeur en fût la cause , soitque les sentimens de piété qu’il avoit eus dans son enfance , & quePexemple de la Princesse avoit réveillés, lui eussent fait comprendre quela révolte est toûjours un crime, malgré les prétextes dont on la colo-re. II en parloit lui même de manière à convaincre, qu’il étoit abso-lument changé, & qu’on n’avoit point à craindre qu’il s’y engageâtjamais. Peu de tems après son mariage , il fe trouva seul avec la Reine ,fans autres témoins que la Comtesse de Fleix & Madame de Motte vil-le. La conversation tomba sur la guerre civile. On questionna fort lePrince sur quelques particuliers, qui avoient voulu paroître fidèles &qui ne l’avoient point été. II fit un détail exact de ceux qui étoient at-tachés au Parlement, des zélés pour le Roi, & de ceux qui dans lesdeux partis n’avoient cherché que leurs intérêts. La Reine lui fit ensui-te des reproches amiables des chagrins qu’il lui avoit causés. Elle luidemanda s’il étoit vrai, que le Prince de Condé avant la première guer-re de Paris avoit pensé à fe séparer de la Cour , & si dans cette vûë ilavoit été en relation avec le Coadjuteur. II en convint, & assura avecune franchise, qui assûroit de son parfait retour, que cette liaison l’a-voit fort inquiété lui & la Duchesse de Longueville; qu'ils vouloient

absolu-