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Tome second.
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DE LOUIS XIV. L I V. XVII.

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absolument être Chefs de parti & faire parler d’eux ; que Penvie de se —

tirer de la dépendance de leur frère étoit telle, qu’ils se fussent mis du j ó'f4.côté de la Cour, s’il s’étoit déclaré pour le Parlement. II avoua , qu’ilsavoient été mal ensemble par mille petits intérêts de famille, & que luien son particulier n’avoit pû souffrir , lorsqu’il s’agissoit du siège de Pa-ris , que le Prince de Coudé eût répondu de lui fans lui avoir deman-dé son consentement ; que ce mépris l’avoit touché, & l’avoit détermi-né au parti qu’il avoit pris.

An milieu de cet entretien, comme s’il fût revenu d’un profondsommeil, il s’écria qu’il ne concevoit pas comment il oioit parler de cesaffaires, qui pouvoient ranimer contre lui une haine, qu’il n’avoit quetrop méritée. La Reine convaincue de son parfait retour, l’assûra, qu-elle avoit tout oublié, & que rien n’étoit capable de renouveller dans Ioncœur les ressentimens qu’elle avoit eus ; mais elle lui avoua , qu’elle n’é-toit dans cette disposition que pour lui & pour Mr. de Turenne ; que lesautres n’avoient pour eux que le Commandement de Dieu , fans lequelelle n’auroit pû leur pardonner.

L e Prince de Condé fût infiniment picqué de cette alliance. II enparla, il en écrivit de la manière la plus mordante, fans faire assez d’at-tention, que Penvie d’avoir part à la faveur lui avoit fait faire la mêmedémarche, qu’il condamnoit si hautement. On fe mit au-dessus de sesreproches & de ses railleries, & on profita de l’appui du Ministre pours'établir, & s’ouvrir le chemin aux grands Emplois. A parler selon lesidées généralement établies , ces Alliances dégradoient en quelque sorteles Princes du Sang, & si c’étoit une insolence impardonnable aux Mi-nistres de les offrir & de contraindre à les accepter, c’étoit une bassesseextrême dans ceux qui y confentoient, & rien ne prouve mieux l’asser-vissement, si je puis user de ces termes, où étoient Louis treize & An-ne d’Autriche à l’égard des Cardinaux de Richelieu & Mazarin, que desouffrir, qu’ils portassent leur ambition jufqu’à s’allier à la Famille Roïale.

La Duchesse de Longue ville, instruite par ses malheurs, par la Conversionmort & par l’infidélité de ses adorateurs, changea aussi de fentimens, & de la du-parut être une autre personne. Après être sortie de Bourdeaux, elle j? hesse d ?..passa quelque tems à Montreuil-Bellay. Elle se retira ensuite à Moulins Moftevììie C *dans le Couvent des Religieuses de la Visitation, auprès de fa Tante, tom. 4.veuve du Maréchal de Montmorenci décapité sous le règne précédent. Là P a S- 4 °a.elle se détrompa des illusions qui jusqu’alors Pavoient séduite. Ses intri-gues , ses passions lui parurent ce qu’elles avoient été, je veux dire degrands égaremens ; on lui entendoit dire avec douleur, qu’elle ne croioitpas pouvoir jamais assez faire , pour réparer les maux qu’elle avoit causéen contribuant à la guerre civile. Elle vécut dans la fuite , non-seulementdans la piété , mais aussi dans Paustérité ; de manière qu’on la soupçonnade Jansénisme. L’ambition , la galanterie étant bannies de son cœur, lesfentimens qu’elle devoit à son Mari prirent leur place. 'Elle souhaitapresqu’auslì ardemment de se rapprocher de lui, qu elle avoit jusqu’alors

K k 3 désiré