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Tome second.
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HISTOIRE

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—— désiré d’en être éloignée. La réunion se fit quelque tems après , avec1 6$ 4. une entière satisfaction de part & d’autre. Le Prince de Conti étant dansles mêmes sentimens ils se réconcilièrent, & la vertu Chrétienne, dit Ma-Ibid.. 40?. dame de Motteville , rétablit une paix & une union solide dans une famil-le, que la folie & la vanité des passions humaines avoit désunie.

On fait le Presqu’au même tems que le Prince de Conti donnoit des preuves

Prince de* ^ convaincantes de son dévouement à la Cour , on poursuivoit à la rigueurCondé. le Prince de Condé son frère. Dès la fin de l’année passée , on avoit en-voyé au Parlement une commission pour lui faire son procès. Sa qualitéde Prince du sang lui donnoit droit de ne pouvoir être jugé que par leRoi présent, tous les Pairs du Roïaume & toutes les Chambres du Par-lement assemblées. Pour satisfaire à cet usage , le Roi alla au Parle-ment , le dix-neuf janvier. Les Ducs de Guise, de Joyeuse, d’Eper-non, le Maréchal de Grammont descendirent de leurs places , & pré-tendirent que la parenté ne leur permettoit pas d’opiner en ce jugement.Comme en matière de crime de Lèze-Majesté, un fils peut déposer contreson père, une femme contre son mari, les Juges ne doivent pas nonplus avoir égard aux raisons qu’ils auroient de se récuser eux-mêmes end’autres matières ; aussi le Chancelier ordonna-t’il à ces Pairs de demeurer& d’aísister à ce jugement.

L e Crime étoit notoire. Car encore qu’il soit permis à un sujet dese dérober à la colère, ou si l’on veut à la persécution de son Souverain,il lui est toujours défendu de fe joindre à ses ennemis. à plus forteraison de s’en faire le Chef & le Capitaine. Les informations n’avoientété que pour la forme. Dès qu’elles eurent été luës, il fût ordonné,que le Criminel seroit ajourné sur la frontière pour comparoítre en per-sonne devant le Roi dans son Parlement, & que dans la quinzaine, ilse rendroit prisonnier dans la Conciergerie du Palais ; que tous ses ad-hérans seroiént pris au corps, & leur procès fait, s’ils ne se représen-toient dans le même terme. Les délais étant expirés , le Roi revint auParlement, le vingt-huit mars. L’Arrêt fût prononcé. Louis de Bour-bon fût condamné à souffrir la mort, telle qu’il plairoit au Roi de luiordonner, comme étant atteint & convaincu du crime de Lèze-Majesté;qu’en attendant qu’il pût être saisi, il seroit déchû de toutes charges,dignités & honneurs; que tous ses biens seroient confisqués & réunis àla Couronne. Pareil Arrêt tût prononcé contre ceux qui tenoient souparti excepté que le genre de mort fût marqué, & qu’ils furent con-damnés à perdre la tête & les biens. On suivit en cette occasion cequi s’étoit pratiqué dans les procès faits à Robert d’Artois, Comte deBeaumont le Roger fous Philippe de Valois, à Jean Duc d’AIençonfous-Charles sept, & à Charles Duc de Bourbon Connétable de Francefous François prémier. II y avoit un autre exemple de Louis de Bour-bon Prince de Condé fous François second, mais on ne voulut pas lesuivre, parcé que , contre les privilèges des Princes du sang, on luiavoit donné des Commissaires. En vertu de cet Arrêt le Prince Tho-mas