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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XVII.

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Cardinal de Retz, celui - ci se brouilla avec le noveau Pape, à sélection ——■——duquel il avoit fort contribué. II sortit d’Italie, erra en Allemagne, I 6 Y 4 .en Hollande jusqu’à la mort de son ennemi. II fit enfin ce qu’il auroit dûfaire d’abord ; il renonça à l’Archevêché de Paris, accepta les Bénéficesqu’on lui avoit offerts. 11 se retira de toute affaire & de toute intrigue,vécut avec règle, & s’acquitta avant que de mourir des dettes immen-ses que son ambition , & là vie aussi dérangée que licentieuie, lui avoientfait contracter.

C’e'st à quoi aboutit son évasion, qui, selon lui, eût été l’événe- Tom. j. pag tment le plus remarquable de son siècle, si fa malheureuse & fatale chûte ?I4 ’n’avoit renversé ses projets. II faut avouer, que Caumartin & Joli, quien étoient les Auteurs, ne les avoient que trop bien concertés pour lebien de l’Etat. On avoit disposé quarante relais de Nantes à Paris , il yseroit infailliblement arrivé le lendemain de sou évasion; il auroit prispossession de son Archevêché. Ce spectacle auroit produit de grands mou-vemens dans l’esprit du Peuple. Les amis du Prince de Coudé s’y seroientinfailliblement joints. La collusion du prémier Président, la dispositionde la Chambre des Comptes aílùroient presque le succès. Peut - être sefût-il rendu maître de Paris. La Cour n’y étoit point ; les Espagnols as-siégeoient A r ras ; toutes les troupes étoient occupées de ce côté-là. 11seroit nécessairement arrivé de deux choses l’une , ou que Mr. de Retz sefût établi à Paris, ou que le parti de Mr. le Prince fe fût relevé par laprise d’Arras. c . , r

A la feule nouvelle de l’évasion de ce Prélat, on chanta le Te Deum ^fion ° nà Nôtre Dame ; on fit des feux de joye en beaucoup de quartiers de laVille ; quel effet n’auroit point eu là présence ? Mazarin étoit haï au-tant qu’il l’avoit jamais été, &, si je puis le dire, à bien plus juste titre.

Depuis son rétablissement il ne penloit qu a s’enrichir ; le peuple étoitabandonné aux Gens d’affaires, qui inventoient chaque jour de nouveauxmoyens de l’épuiser. La manière dont le Parlement avoit été traité,avoit remis cette Compagnie dans les dispositions fâcheuses où elle avoitété les trois ou quatre dernières années de la Régence ; en un mot onétoit fatigué des maux qu’on fouffroit, & encore plus effrayé de ceuxqu’on prévoioit; car toutes les inclinations du jeune Monarque, & lesfentimens qu’on lui inspiroit annonçoient un règne despotique. Maisencore une fois, le malheur, ou l'étonnement du Prélat renversa tousses desseins. Sa fuite hors du Roïaume déconcerta son parti. Ladivision s’y mit ; la Cour fit à-peu-près ce qu’elle voulut, & ne regardacette affaire que comme un embarras, qui ne pouvoit avoir de suitesfâcheuses.

Des le vingt-sept mars, on avoit publié un sanglant Arrêt contreles deux Grands Vicaires, que ce Cardinal avoit nommés de fa prison deVincennes aussitôt après la mort de son Oncle. On s’exprimoit ainsi. H1 n oireLe Roi aïant été averti, que les nommés Chevalier & l’Avocat, foi „ cardinaldisans Grands Vicaires du Cardinal de Retz, dans le dessein qu’ils ont „ Mazarin ,

„ formé