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II se sauve eneft’et.
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Joli, Tom. 2 .?«L- 88-
II se retire àHome.
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on pensa à le transférer à Brest. II en fût averti. Caumartin lui mandade la part du premier Président, que le meilleur parti qu’il eût à prendreétoit de venir droit à Paris, de révoquer l'a démission, de prendre posses-sion en personne, & de faire le serment de fidélité au Parlement ou à laChambre des Comptes. Le même avis assurait, qu’on répondoit presquede Févénement, & que le premier Président de la Chambre des Comptesétoit aussi bien intentionné que Mr. de Beilièvre.
Malgré' ces assurances si flatteuses, Mr. de Retz résista Iong-temsaux sollicitations de ses amis les plus intimes. Ce ne fût qu’à force de luireprésenter les rigueurs d’une nouvelle prison , que Joli vint à bout dele déterminer. On forma plusieurs projets de cette évasion. Plusieursmanquèrent par la timidité & l’irrésolution de ceux qui dévoient y avoirpart. II fallut s’attacher au plus hardi & au plus dangereux ; ce fût dedescendre en plein jour d’une terrasse qui donnoit sur la rivière. Mr. deRetz, qui se réprésente dans ses Mémoires sous le caractère du plus in-trépide des hommes , trembla au moment de l’exécution. II voulut ladifférer. Ceux qui étoient auprès de lui, ne le déterminèrent qu’en le me-naçant de l’abandonner, s’il fe manquoit à lui-même dans cette occasiondécisive pour sa liberté & pour leur vie. On le descendit de la terrasse aubord de la rivière. II étoit hors de lui-même ; on le mit à cheval. II étoitsi troublé c|ue son cheval, dont il ne tenoit pas même la bride, s’abattitfur le pave. On le releva promptement, mais il ne revint point de sontrouble ; de manière qu’il se ferait cassé la tête à un endroit où son chevall’emportoit, si quelqu’un ne se fût mis entre deux. II ne fût pas mêmepossible de tirer un mot de lui pendant les quatre prémières lieues. Entombant de cheval il s’étoit démis une épaule. Quand fa fraïeur & sonétonnement furent dissipés les douleurs fe firent sentir ; elles furent si vi-ves qu’il jetta les hauts cris, & qu’il protesta, qu’il aimoit mieux se laisserreprendre, que de continuer de marcher. II fallut le descendre de che-val à neuf heures du soir , & le coucher à côté du grand chemin. Aprèsbien des avantures & des allarmes il arriva chez le Duc de Brissac, qui leconduisit chez le Duc de Retz.
I l fallut dans la fuite chercher un autre azile. II se retira à Belle-Isle,où il s’embarqua pour l’Espagne. II y fût bien reçu ; mais il ne voulutprendre aucun engagement avec cette Couronne; il ne voulut pointrecevoir d’argent , quelque besoin qu’il en eût ; il demanda feule-ment, qu’on le passât en Italie. II arriva à Rome après bien des périls.Le Pape , pour se vanger des honneurs qu’on avoit fait en France aux Car-dinaux Barberins, qu’il avoit persécutés au commencement de son Ponti-ficat , le reçut avec toute la distinction possible. 11 tint un Consistoirepour lui donner le Chapeau ; il le combla d’éloges ; il pleura fur lui eul’embrassant, & lui donna toutes les autres marques de l’affection la plustendre, & de la protection la plus déclarée. Ce Pape mourut peu detems après. Son successeur crut devoir fe ménager avec la France. Soitpar les intrigues du Cardinal Alazarin, soit par le peu de conduite du
Cardi-