DE LOUIS XIV. LIV. XVII.
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cette violence, & qui n’y avoit point eu d’autre part, que de ne Pavoir «w —pas empêchée, publia un Manifeíte pour la justifier. On y diíòit, qu’il jétoit fur le point de s’accommoder avec la France ; qu’il avoit refusé defaire agir ses troupes de concert avec celles du Roi d’Efpagne ; qu’il pen-foit k fe faire Empereur, & que dans cette vue, il entretenoit des in-telligences avec la Couronne de Suède & les Protestans d’Allemagne ; ony expofoit fort au long la manière dont vivoient ses troupes.
Les personnes équitables & désintéressées reçurent assez mal ce Ma-nifeste. II étoit public , que rattachement du Duc à la Maison d’Autri-che lui avoit attiré l’indignation de la France, & l’avoit dépouillé de sesEtats. II avoit droit comme Prince souverain d’entretenir des correspon-dances avec les autres Puissances ; on avançoit fans preuve ce qu’on pu-blioit de ses desseins fur la Couronne Impériale ; mais on ne pouvoitlui en faire un crime, quand même on l’eût prouvé. L’Empire est élec-tif , il pouvoit y aspirer, & le disputer , non au Prince qui en étoit enpossession, mais à fa Maison qui le regardoit comme son héritage. Pouríës traités avec la France, quand il y auroit pense & qu’il les auroitconclus, les Espagnols n’avoient aucun droit de Parréter, & de le trai-ter comme s’il eût été leur Vassal. Les droits de la Souveraineté fontégaux, mais les forces des Souverains ne le font pas ; le plus fort op-prime le plus foible, & il le fait impunément. C’ést ainsi que les gran-des Monarchies se font formées par Pextinction d’une multitude de pe-tites Souverainetés.
O n cria beaucoup contre cette entreprise de la Cour de Madrid ; onla blâma de tous côtés ; mais ce fût tout. Les autres Potentats virentaussi tranquillement Charles de Lorraine dans les fers , qu’ils avoient vûCharles Stuard expirer fur un échaffaut. La Cour de France fût la seule,qui prît parti pour ce Prince captif ; elle publia le deux juillet un Ma-nifeste , par lequel elle ordonnoit à tous Commandans, Officiers, soldats& autres gens natifs du Pars de Bar & de Lorraine servans dans P Armée duDuc, ou engagés avec les Espagnols, de se retirer dans quinze jours furles frontières de France, soit pour entrer dans les troupes du Roi, soitpour retourner chez eux. La Duchesse Nicole , que ce Prince avoitinsultée jusqu’k vouloir la répudier, donna de semblables ordres ; ils nefurent pas inutiles. La Cour de Madrid fût informée, que ces démar-ches se faifoient de concert avec son prisonnier, elle le fit passer en Espa-gne ; on l’enserma dans 1e Château de Tolède, d’où il rie sortit qu’à la paixdes Pyrénées.
L a Reine voïant la France pacifiée, les grandes espérances du Prin- Sacre dece de Coudé & des Espagnols presque confondues , songea à faire sa- Louis qua-crer le Roi, pour confirmer les peuples dans le respect qu’ils lui de- torze "voient. L’enfance où il étoit quand il monta sur le trône, ne permitpas de penser à cette cérémonie , & les troubles qui agitèrent la Fran-ce depuis mille six cent quarante-huit, jusqu’à Pannée dernière , for-cèrent de la différer. Elle se fit en la manière accoutumée. L’Arche-
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