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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XVIII.

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suivante. Le Roi alla au Parlement faire vérifier ces Edits en fapréfen-ce. On obéît, mais le lendemain on prétendit que la présence du Sou- i£ff.verain avoit ôté la liberté, & qu’on étoit en droit de revenir fur cequ’on avoit fait. La Cour savant fû, défendit rassemblée. Pour qu’onobéît plus sûrement, le Roi, de Vincennes où il étoit, vint avec toutefa Cour en habit de chasse, botté & le fouet à la main, comme onl’a déjà vú plus haut. II leur parla d’un ton & d’un air de Maître,

& dit;

Messieurs, chacun fait les malheurs qu’ont produit les Af- „semblées du Parlement. Je veux les prévenir, & j’ordonne, que l’on „cesse celles qui font commencées fur les Edits que j’ai apportés, les- „quels je veux être exécutés. Mr. le premier Président je vous défends „de souffrir aucune Assemblée , & à pas un de vous de la demander “.

Malgré cette défense le Parlement pensoit à se rassembler. On Le Vicomtecraignit les fuites de cette entreprise. On prit l’affaire en négociation. deTurenneLe Maréchal de Turenne , pour qui toute la France avoit une estime in- appai e 'finie, en fût chargé. L’affaire s’accommoda. On permit à cette Compa-gnie de faire des remontrances. On les écouta ; on adoucit ce qu’il yavoit de plus rigoureux dans les Edits, & l’harmonie parut rétablie. Unde ces Edits établis soit l’ufage du papier timbré. On avoit promis quecette innovation ne dureroit que pendant la guerre. Elle subsiste encoreaujourd’hui. On y a ajouté depuis d’autres formalités que l'on a cru uti-les pour la validité des actes & des contracts, encore plus à charge, tel-les que font les insinuations & les controles. II en a été de même depresque toutes les autres ; & c’ést par ce moïen que les taxes fe font au-gmentées de plus en plus, jufqu’à ne pouvoir croître fans préjudiciernotablement à ceux qui les portent. 11 est juste fans doute, que lespeuples contribuent à la défense de l’Etat ; mais il est du-moins aussijuste que les contributions diminuent quand le péril est passé.

D a n s la circonstance, dont je viens de parler , la Cour ménagea leParlement, & l’adoucit, après savoir traité comme il ne l’avoit jamaisété. Le Parlement parut fe contenter, pour ne pas éprouver les maux,dont à peine il venoit d’étre délivré. Les peuples étoient dans les mêmesdispositions. On fentoit son mal, on le voioit augmenter, mais le re-mède qu’on avoit inutilement employé , paroissoit encore plus terrible.

D’ailleurs on commençoit à revenir en faveur du Ministre ; on ne le mé-prisoit plus; fa douceur, fa facilité à pardonner, son peu de penchant àla vengeance, faisoient croire qu’on ne gagneroit rien à changer.

I l en donna une marque non suspecte au commencement de cette Les Sceauxannée. Le Garde des sceaux Mr. de Molé mourut le prémier Janvier. f enduS ? uSa place fût extrêmement ambitionnée. Le Cardinal n’avoit pas sujet Se^ui^r.'^d’être content du Chancelier Seguier, qui s’étoit déclaré .contre lui , &avoit engagé le Duc de Sulli son gendre à laisser passer la Seine au Ducde Nemours. II lui remit pourtant les sceaux, & de la manière la plusgracieuse, lui disant, on vous les avoit òtés par nécejjìté j on vous les rend

Tom, II. Q. q par