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Tome second.
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HISTOIRE

1 6 f f.

Intriguespour T Elec-tion d’unPape.

Ret2 , íom.Z-P- J61.

par justice. Voici un autre trait encore plus marqué. Le Marquis deVervins, premier Maître d’Hótel du Roi, mourut à-peu-près dans lemême tems. Son fils demanda fa place , il fût refusé. Mécontent, il par-la fort haut, jusqu’à dire, que , fi on le mettoit au désespoir , il seroit con-traint de faire des choses dont il seroit fâché. Ce discours fût rappor-té au Cardinal. Loin de penser à punir cette indiscrétion, il lui donnadès le lendemain la Charge qu’il avoit mérité de perdre.

La mort d’Innocent dix arrivée le sept de janvier, délivra d’une par-tie des inquiétudes, que donnoit la faveur déclarée dont il avoit honoré leCardinal de Retz ; mais elle fût l’occasion de bien des mouvemens qu’onse donna pour avoir un Pape moins partial. Le Cardinal de Retz entraau Conclave avec les autres Cardinaux. II faut lui rendre justice ; quel-que persécuté qu’il se crût, il s’y comporta en sujet fidèle & zélé. LeCardinal d’Ëst étoit chargé du secret de la France. Mr. de Retz lui de-manda en grâce de lui faire connoítre les ordres qu’il avoit , l’assurantqu’il s’y conformeroit. II fût rebuté. On lui répondit qu’on ne pouvoitavoir avec lui aucune relation. Malgré cette réponse íì dure, st pro-testa qu’il s’efforceroit de pénétrer ce qu’on ne vouloit pas lui découvrir;que s u ne pouvoit en venir à bout, du moins son suffrage ne seroit don-né à aucun de ceux qu’il connoítroit pour ennemi de la France. 11 se joi-gnit à l’Escadron volant, c’ést-à-dire à ceux qui ne sont ou qui feignentde n’être d’aucun parti. Ce Conclave fut long. On y parut paisible ;mais tout ce qu’il y a de plus rafiné dans l’intrigue y fût mis en œuvre.Le Cardinal Caraffe mourut pendant ce Conclave. C’étoit, dít-on, unfort homme de bien, ami des Jésuites, qui remuoient ciel & terre pourle faire Pape ; cette circonstance le faiíòit redouter, & fa mort fût pourbien des gens un sujet de joie.

La faction Françoise n’étoit pas assez puissante pour que l’Electionse fît à son gré ; mais elle l’étoit assez pour donner l’exclufion. La plusfaine partie des Cardinaux avoit jetté les yeux fur le Cardinal Chigi.Sans un grand mérite, il s’étoit fait une grande réputation. On le re-gardoit comme le plus capable d’engager la France & l’Espagne à se ré-concilier enfin. Ils ne déclarèrent pas d’abord leur sentiment ; on en pro-posa d’autres ; on fit semblant de s’y attacher. Quand leur partie fût bienliée , & qu’ils furent assurés de l’Escadron volant, ils déclarèrent au Car-dinal d’Esi, que Chigi seroit élû malgré Pexclusion de la France ; qu’ilétoit de l’intérét de cette Couronne de se désister de son opposition. Onécrivit sur le même ton au Cardinal Mazarin. On se rendit caution dela conduite future du nouveau Pape, tant à son égard qu’à celui de laFrance ; ces assurances furent reçues ; supposition fût levée. Le Cardi-nal Chigi fût élû le sept d’avril, sous le nom d’Alexandre sept. Ce choixfût applaudi, en France même. Contre l’usage & sans aucune raison,on fit des feux de joie , on tira le canon, on chanta le Te De u m; ce-pendant on a continué à le faire depuis.

Le