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Tome second.
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HISTOIRE

I6ss.On lui en-voye de puis-sans secours.Joli , Tom.2.pag. 147-

Siège dePavie.

La nièce du Cardinal Mazarin étoit un gage assuré , que les secourspromis ne nianqueroient pas, & qu’ils seroient même abondans. Outrece motif il y en avoit encore d’autres. On vouloit intimider le Pape ,& empêcher qu’il ne se livrât aux impressions du Cardinal de Retz, &qu’il n’appuïát ses ressentimens & ses prétentions. On vouloit encore dé-terminer le Duc de Mantoue à reprendre avec la France ses anciennesliaisons, en lui faisant voir, qu’elle étoit alors, comme elle l’avoit étéautrefois, en état de défendre ses amis. On fit passer les Alpes à quan-tité de troupes, qui se joignirent à celles du Duc de Savoye ; elles seséparèrent en deux Corps. Le Prince Thomas de Savoye Général destroupes Françoiscs passa le Pô le sept de juillet, sur un pont de bat-teaux qu’il fit faire à Bassignano, à deux lieues de Valence. Le Marquisde Ville, avec les troupes de Savoye passa la Sesia & s’avança dans leMilanés. Le Duc de Modène y entra de son côté. La marche de cestrois Corps fût fi bien concertée , qu’ils arrivèrent devant Pavie le mêmejour, vingt-quatre juillet. Aussitôt on sépara les quartiers ; on fit fairedes ponts fur le Tesin pour la communication du Duc de Modène &du Prince Thomas, & on travailla à la circonvallation.

L’entreprise étoit considérable. Pavie est une grande Ville& très forte ; elle étoit alors bien munie, la garnison étoit nombreuse& commandée par le Comte Galeasso Trotti excellent Officier. Les trou-Des de France, de Savoye , de Modène ne faisoient pas une Armée assezpuissante , pour qu’une partie fût maîtresse de la Campagne, tandis que'autre feroit le liège. On étoit au-milieu d’un pais ennemi; il falloitpar conséquent faire des convois ailleurs. Quoique le Marquis de Cara-cène fût foible, il pouvoit en disputer le passage , & du moins le re-tarder, ce qui suffifoit pour faire manquer l’entreprise ; apparemmentqu’on n’avoit pas assez pesé ces difficultés.

La tranchée s’ouvrit le prémier d’août. On fit deux attaques, l’u-ne du côté du Duc de Modène, l’autre du côté du Prince Thomas. Lequatre, on éleva deux batteries de quatre pièces chacune. Les Assiégésretardèrent les travaux par des fréquentes sorties ; on les repoussoit, maisil en coûtoit bien du monde. Le dix, le Comte de Broglio emportaune demi-lune ; elle fût reprise la même nuit. On échoua à cet ouvra-ge avancé; on l’attaqua à diverses reprises avec toute la vivacité possi-ble , mais elle fût fi vaillament défendue, qu’on ne pût fe loger qu’aupied. On étoit déjà au commencement de septembre. Caracene faisoittous ses efforts pour secourir la Place. La vigoureuse défense des Assié-gés , le peu d’habileté des Affiégeans à conduire leurs travaux, &, selontoutes les apparences, le manquement de munitions de guerre, lui endonnèrent tout le loisir. Le Viceroi de Naples lui envoya trois millehommes, qui débarquèrent à Final. Son Armée fût encore fortifiée pardes troupes, qui lui vinrent d’Allemagne. II attaqua & prit le Châteaud’Arena, & arrêta les vivres qui venoient du Modenois ; il alla ensuiteavec toutes ses forces se poster aux environs de Mortare , afin d’interrom-pre la communication du Piémont. L’Ax-