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Tome second.
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DE LOUIS XIV. L IV. XVIII.

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L’Armee Françoise, dont l’infanterie étoit presque ruinée par la ——■——longueur du siège , se retira dans le Monferrat. Cependant la retraite se 1fit avec beaucoup d’ordre, & n’eût point l’air d une fuite. On n’aban- On le lève.donna ni équipages, ni artillerie. Le Duc de Modène se retira à Cazal, Mmtgiat .le Prince Thomas à Turin , pour s’v reposer des grandes fatigues, qu’ils à/' 4 ‘^ ag 'avoient essuyées inutilement devant ravie pendant plus de six semaines.

Ils laissèrent à leurs Lieutenans le foin de se démêler, comme ils pour- Q^jncy , tom.roient, des embarras qu’ils ne pouvoient manquer de rencontrer. C’étoit 20î 'le Marquis de St. André Montbrun , le Marquis de Pienne & le Comtede Bristol. Ils passèrent le Pô à Verrue, ensuite le Tanare , & se postè-rent sur la frontière de l’Alexandrin. Les Espagnols Rapprochèrent a Caf-tel-novo d’Escrivia. Quoique du-moins égaux en forces, ils ne firentaucune entreprise ; chacun se tint dans son poste jusqu’à la mi - octobre.

Les François décampèrent les premiers, passèrent les rivières de Bromia& de Scrivia. 11 étoit question de remener les troupes de Modène dansleur païs. Biron, neveu du Maréchal de ce nom, si fameux fous Henriquatre par fa faveur & par son supplice, fût chargé de cette expédition.

Il se mit en marche le vingt-sept d’octobre, & marcha diligemment jus-qu’à St. Sebastien , proche des Terres de Gennes. II vouloit gagner lamontagne de Baignare, qui est au commencement de l’Apennin. LesEspagnols y arrivèrent en même tems que lui. II n’eût point d’autreparti à prendre que de s’ouvrir le pastage l’épée à la main ; il le fit. IIdescendit dans le Plaisantin, d’où les troupes de Modène & quelquesRégimens François allèrent prendre dans le Modenois les quartiers quileur furent assignés.

Cette Campagne fût peu glorieuse. Peut-être l’eût-elle été d’avan- Le Duc detage, si au-lieu de s’attacher à Pavie on eût poussé le Marquis de Cara- abandonnecène, avant qu’il eût été joint par les secours qui lui vinrent. Elle ne i es Espa-fût pourtant pas inutile, & les Espagnols ne purent se vanter d’aucun gnols.avantage. De plus, la manière efficace dont on avoit assisté le Duc deModène, acheva de gagner le Duc de Mantoue, que les sollicitations de Montglat,la Princesse Palatine fa Tante avoient fort ébranlé. Elle fouhaitoit avec ^ 4 ÍKpassion de l’attirer dans le parti de la France. Elle lui réprésenta lesgrandes obligations que leur Maison avoit au feu Roi Louis treize, &ce qu’il avoit à craindre de la Maison d’Autriche. D’un autre côté, elleemploya tout ce qu’elle avoit de crédit à la Cour pour le faire recher-cher & lui obtenir des conditions avantageuses. Ce Prince vint en Fran-ce ; il V fût comblé d’honneurs ; il fit un traité, par lequel le Roi s’obli-geoit ae payer la garnison de Cazal, & le Duc de donner entrée & pas-sage sur ses Terres aux troupes Françoises, d’y joindre les siennes, & deservir le Roi envers tous & contre tous.

O n eût un peu plus de succès en Catalogne. Le Prince de Conti Conquêtescontinua d’y commander. Les Espagnols , contre leur ordinaire, l’avoient à Prince deprévenu, & s’étoient déjà emparés de quelques petites Places ou Chá- Catalogne,teaux, qu’il leur avoit pris l’année précédente. Dès qu’il fût ar-

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