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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XVIII. 32s

& intimider par cet exemple les peuples de ces cantons ; il l’avoit mêmedéjà affiegée. Merinville marcha à lui, & ayant forcé un de ses quartiers, 16s f*

l’obligea de lever le siège. Ce Comte prit plusieurs Châteaux & la petiteVille d’Ampurias , qui n’étoient considérables, que parce qu’ils couvroientCollioure. II ne pût toutefois empêcher que l’ennemi ne prît Berga.

II voulut la reprendre , mais à son tour il fût obligé d’abandonner íònentreprise. L’hiver vint ; on repassa les monts pour prendre ses quartiersdans le Languedoc ; marque certaine que les succès avoient été médiocres.

Dès que les François furent éloignés, Dom Juan revint à Solsonne. IIla pressa si vivement qu’elle fût contrainte de se rendre à la fin dedécembre , avant qu’on eût le tems de la venir secourir.

La Flotte Françoise eut quelque apparence de succès. Le Duc de VictoireVendôme chercha les ennemis, & les trouva à la hauteur de Barcelonne. équivoqueUs étoient, dit-on , plus forts que lui ; cependant il les attaqua le vingt-neuf septembre. On se canonna longtems & violemment ; plusieurs vais- tmu 4. pàg.seaux furent démâtés , pas un ne fût pris ; la nuit fit cesser le combat. 106.

Les Espagnols se retirèrent. Peut-être que les François en eussent faitautant s’ils eussent eu des ports aussi voisins. Ces derniers s’attribuèrentla victoire , parce qu’ils étoient demeurés maîtres du champ de batail-le. Un vaisseau pris eut été une marque moins équivoque. Cequi est decertain , c’éít qu’on ne tira aucun avantage réel de cette prétenduevictoire & que , si on fit beaucoup de mal , on n’en souffrit pasmoins. C’ést cequi arrive ordinairement dans les combats de mer. Ondépense des sommes immenses à équiper des flottes , & on n’en retirepresque aucun fruit. Les victoires sont stériles, nuisibles même, en cequ’elles engagent à de nouveaux fraix. Je dirois presque pour cetteraison , que la France a plus gagné qu’elle n’a perdu à la défaite de laDogue. On a vû fous les deux années précédentes les cruels combatsque se livrèrent les Anglois & les Hollandois. Tour à tour vainqueurs ,quel fruit tirèrent-ils de leurs victoires ? à l’exception de quelques vais-seaux Marchands qu’ils se prirent mutuellement , perdirent-ils autrechose que des hommes & des vaisseaux ?

Les Espagnols firent encore cette année une perte considérable. Le Une partie

Conseil de Madrid voulut profiter de l’ennui, que causoit au Duc de Lor- des Troupes

raine fa captivité. Ses troupes en Corps d’Armée , l’impatience avec Lorraines selaquelle elles supportoient l’injuste détention de leur Souverain , étoitun sujet perpétuel d’inquiétude. Elle avoit considérablement augmen- Qumcy, tom.tée, au commencement de cette année , par l’exemple que le Comte i.pag.io%,d'Haraucourt & les Colonels Molzon & Remencourt donnèrent à Mémoiresleurs compatriotes. Ces braves gens avoient été tellement déconcer- círon^ìogi.

tés par la prison de leur Maître , qu’ils avoient continué de servir l’Es- qms.

pagne , espérant toûjours que le Duc François qui les commandoit enfa place obtiendroit là liberté. Une année presqu’entière s’étoit écoulée,fans qu’ils vissent aucune apparence de l'accomplissement de leurs sou-haits. Us s’apperçurent même que le Duc François & leurs autres

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