DE LOUIS XIV. L I V. XVIII. 527
gneur Duc & sa Maison, pour ne point faire de paix sans y compren- —»*«»**■dre sés intérêts, comme il s’èst fait juí'qu’à présent; étant manifeste à tout I 6 ff.le monde , avec qu’elle constance Sa Majesté a persévéré en ce point.
La signature du Prisonnier étoit côhçuë en ces termes. Moi Charles,
Duc de Lorraine & de Bar &c. je dis, que par ma personne , j'ai accordéle traité ci-deísus en chaque point en particulier & en tout, & m’oblige enfoi & parole de Prince de l’accomplir avec toute sincérité, en tout & par-tout , selon sa sonne & teneur , & l'ai signé de mon nom au Palais de laCité de Tolède, le neuf d’octobre mille six cent cinquante-cinq.
I l est visible, qu’à l’injustice de la prison du Duc de Lorraine, laCour de Madrid ajoûtoit encore l’abus du désir qu’avoit ce Prince d’ob-tenir fa liberté. Pour parvenir sûrement à son but, cette Cour politiqueavoit imaginée de donner, non une somme d’argent, qui une fois payéene peut plus revenir, mais des terres & des immeubles sujets à millediscussions & oppositions, lors même qu’on en est en possession ; bienentendu, qu’elle auroit mis tous ces moyens en œuvre , supposé que lePrince n’eut pas livré sincèrement ses troupes, ou que ces troupes d’el -les-mêmes n'eussent pas exécuté les ordres de leur Maître.
Le Duc de Lorraine de son côté ne cherchoit qu’à tromper ses en-nemis. II ne pouvoit ignorer, que par ses ordres le Procureur-général dela Cour Souveraine de Lorraine & de Bar avoit protesté contre tous lestraités accordés, qu’il pourroit faire pendant fa captivité. II se flattait en-core avec raison, que ses troupes, aès qu’elles le saunaient en liberté,quitteroient tout pour le venir joindre ; & qu’en les cédant au Roi d’Es-pagne, comme il l’exigeoit pour sa rançon, il ne lui cédoit rien en effet.
Ces deux Princes ne purent se surprendre comme ils l’avoient pro-jette. Le traité ne fût point exécuté. II n’avoit pû être si secret, quele Duc François n’en eût été instruit. II donna ordre à ses gens, quisollicitaient à Madrid la liberté de son frère, de s’opposer à cette incor-poration , & de réprésenter, qu’elle étoit du moins aussi préjudiciableaux intérêts de l’Efpagne que honteuse aux Lorrains, qui déclaroienthautement, qu’ils se laisseroient plûtôt mettre en pièces que d’y consen-tir. Ces réprésentations si sages, furent prises à Madrid pour un desseinformé de s’opposer à l’exécution du traité. On donna à l’Archiduc &au Comte de Fuensaldagne des ordres conformes à ces soupçons. Onvouloit faire arrêter le Duc François, & forcer les Lorrains de prêterle ferment de fidélité au Roi Catholique. Dans ce dessein, Fuen-saldagne fit écrire par l'Archiduc Léopold au Duc François de serendre incessamment à Bruxelles. Ce Prince s’en excusa. II reçut unsecond ordre plus pressant que le prémier. Alors il ne douta plus quel’on n’eût formé le dessein de le traiter comme on avoit fait son frère ;il prit la résolution de suivre Pexemple que lui avoit donné le Comted’Harcourt ; mais il étoit extrêmement difficile de l’exécuter, car departir avec son bagage & en Corps d’Armée, c’étoit s’exposer à être Le reste desbien vîte atteint & défait par les Espagnols, & marcher autrement, c’é- âonnè"à la
toit France.