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Tome second.
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HISTOIRE

I6ss.

Qutncy, tom.I. pag 205.Mémoireshistoriques £2?chronologi-ques.

Guerre entrela Pologne &la Suède.Mémoireshistoriqueschronologi-ques.

toit un moyen sûr de dissiper ses troupes , qui étoient son unique res-source auffi-bien que celle du Prince son frère.

Il communiqua ses pensées au Comte de Ligneville, extrêmementintéressé au changement de Maítri* persuadé , comme il étoit vrai, qu'onn’auroit garde de lui laisser son poste. Le Duc François écrivit à l’Archi-duc d’un stile propre à le persuader, qu’il approuvoit fort le traité deMadrid. II ajouta qu’il ne pouvoit quitter st-tôt les Lorrains, encoreéchauffés de la prémière impression qu’avoit faite fur ei$x le changement,dont il étoit question ; qu’il ne convenoit pas de leur laisser le tems derevenir à eux-mêmes ; que le moyen le plus sûr de les ramener à l’obéïssanceseroit de les employer à l’entreprife , qu’on méditoit fur Coudé. L’Ar-chiduc &. son Conseil le Comte de Fuenfaldagne , donnèrent dans lepiège. Ils goûtèrent la proposition. Les Lorrains eurent ordre de marcherfur le champ ; ils le firent , mais au-lieu d’aller à Condé , ils prirentle chemin de Landrecies, où ils arrivèrent avant que les Espagnols lussentqu’ils avoient changé de route , ou qu’ils fussent en état de les arrêter.Là ils firent leur traité avec la Cour de France. Ces troupes firentserment d’obéïr au Roi tant que le Duc de Lorraine seroit prisonnier ;mais que dès qu’il seroit libre ils iroient le trouver pour faire ce qu’illeur ordonnerait ; qu’en attendant , ils auraient des quartiers d’hiveren France , & feraient traités comme les autres troupes , qui étoientau service de cette Couronne. On accepta leurs offres ; on leur accordaleurs demandes, avec d’autant plus de joie , qu’on se fortifioit en mêmetems que l’ennemi étoit affòibli. Cette défection, à quoi PEspagne de volts’attendre, & qu’elle méritoit, arriva le vingtneuf d’odtobre, & renversales projets que le Prince de Condé avoit formés pour rendre la finde la Campagne plus heureuse , que n’en avoient été les commencemens& la fuite. Le Duc Charles dans fa prison de Tolède fit grand bruit,& se plaignit amèrement du Duc son frère & de tous ceux qui l’avoientsuivi. La Cour de Madrid ne se contenta pas de ces marques de bonnevolonté ; elle ne le relâcha qu’à la paix des Pyrénées, lorsqu’elle n’eutplus de prétexte pour le retenir.

L’a b d 1 c a t 1 o n de Christine Reine de Suède, produisit la guerre entreson successeur & Casimir Roi de Pologne. Le dernier avoit des droitsfur la Couronne de Suède , l’autre en étoit en possession. La France avoittâché inutilement l’année précédente de négocier entr’eux une paix so-lide i elle n’avoit pû les engager qu’à une trêve. Tous deux de concertla rompirent cette année ; l’un pour faire valoir ses droits auxquels il nepouvoit se résoudre de renoncer, l’autre pour profiter de la mésintelli-

f ence qui étoit entre son rival & une partie de la haute Noblesse deologne, Charles Gustave étoit brave; il eut d’abord de grands succès.Dunembourg lui ouvrit ses portes le dix de juillet. Bientôt il ne luiresta que Cracovie à prendre pour être maître de la grande Pologne &de la Mazovie. II entra ensuite dans la Prusse, tout se soûmit exceptaDantzig. L’exemple de cette Ville fidèle anima les autres à secouer