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DE LOUIS XIV. LIV. XIX. zzz
& pour qui on en avoit moins eu ; ce fût la source de sa réconciliationavec la Maison d’Autriche. Le voyage du Duc de Modène ne lui fût pasinutile ; il obtint de puissans secours.
Le Prince Thomas de Savoye, Oncle du Duc régnant, mourut levingt-deux janvier. Tout le monde convenoit, qu’il étoit homme decœur & d’esprit, mais il avoit été malheureux dans la plûpart de ses en-treprises. II avoit mieux réussi dans le cabinet qu’à la tête des Armées.Il s'étoit mis lì bien avec le Cardinal Mazarin , & avoit tellement gagnéfa confiance, que ce Ministre, lorsqu’il fût obligé de sortir une secondefois du Roïaume, n’avoit point héíìté d’engager la Reine à donner à cePrince la meilleure part dans l’administration des affaires. Sa fidélitéavoit été ensuite récompensée par la Charge de Grand-Maître de la Mai-son du Roi, dont le Prince de Condé avoit été dépouillé par Arrêt duParlement. L’amitié du Cardinal ne s’éteignit point par la mort de cePrince; il la conserva pour son fils, auquel il donna une de ses Nièces,& avec elle des Charges & des Emplois considérables. Ce Prince prit lenom de Comte de Soiffons, C’éít de ce mariage qu’est venu le fameuxPrince Eugène, qui dans la fuite s’est si fort signalé contre la France, delaquelle ses ancêtres avoient reçus tant de bien.
Le Duc de Modène se servit de la circonstance de cette mort pours’attacher de plus en plus le Cardinal. II lui demanda avec instance que leDuc de Mercœur commandât les troupes Frànçoises en Italie. II ne fûtpas refusé, & le Ministre mit ses deux Neveux en situation de faire uneCampagne glorieuse. Le départ du Duc de Modène ne finit point lesplaisirs de la Cour. On fit une célèbre Course de Bague , qui repré-senta les Tournois de l’ancienne Chevalerie. Le Roi, qui aimoit les ex-ercices du corps parce qu’il étoit sûr d’y briller, dressa lui-même le plande cette Course. II fit trois bandes de huit Chevaliers chacune. II étoitle Chef de la prémière, le Duc de Guise, le Duc de Caudale conduisi-rent les deux autres. La Livrée de celle du Roi étoit incarnat & blanc.Ils avoient des habits à la Romaine brodés d’or & d’argent, avec des cas-ques chargés de quantité déplumés, d’où sortoient de magnifiques aigret-tes. Les chevaux étoient richement caparaçonnés. La Course se fitdans la Cour du Palais-Roïal. Chaque troupe avoit son Maréchal deCamp. L’éclat des couleurs, le brillant des habits, la bonne mine desChevaliers, la beauté des chevaux faisoient ressouvenir avec plaisir de cequ’on avoit lû dans les Romans.
A la tête de la troupe du Roi parurent quatorze Pages, dont leshabits étoient de toile d’argent ornés de rubans incarnats & blancs. Usportoient les lances & les dévises des Chevaliers. Après eux marchoientlix Trompettes, qui étoient suivis du premier Ecuyer du Roi. Ensuitevenoient douze Pages plus magnifiquement encore habillés & mieuxmontés que les autres. Les deux derniers portoient l’un la lance , l’autrel’écu, ou le bouclier, fur lequel étoit gravée cette courte mais superbeDevise; Ne Pi u, xe Pari, Ni un plus gr.md , ni m p anil.
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Mottevillt ,tom. 4. pag.423.
Mantglat ,tom. 4. pag.m. Ri en-court , tom.a. pag. 9a.
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