1.6f.6.
Etablisse-ment del’Hôpital-général.
Toïés le NXIV.
z 64 HISTOIRE
- la quatrième & de la cinquième, furent condamnées chacune en parti-culier. II y eut défenses de prêcher ni d’enfeigner publiquement lesdeux qu’on avoit épargnées. Le Prélat s’adoucit , A laissa les Moinestravailler dans son Diocèze. Pour eux , ils continuèrent à croire enleurs privilèges , & à s’en servir quand l’occasion s’en présenta. Voici lejugement que font les Jésuites de cette quérelle. ,, La plupart de ces„ propositions , qui portent les privilèges des Réligieux au-delà de„ leurs justes bornes , n’étoient ni bonnes en elles-mêmes, puifqu’elles„ font contraires à l’ufage présent de l’Eglife , ni propres à être pu-M bliées quand elles auroient été vraies ; puifqu’elles ne peuvent man-„ quer de révolter les Evêques, qui regardent ordinairement les privi-„ lèges accordés aux Religieux , comme des atteintes données au droit„ commun, & à l’autorité qu’ils ont parleur caractère. Auífi, ajoutent-„ ils, ceux qui compoíòient l’Assemblée du Clergé, où chaque Prélat„ étoit en même tems Juge & Partie, les condamnèrent toutes „.
L a multitude d’affaires & de foins, les grandes dépenses à quoi obli-geoit l’entretien des Armées, & les négociations, n’empêchèrent pas qu’onne fît, du moins qu’on ne commençât un établissement, digne de lamagnificence Roïale & de la piété Chrétienne. La fainéantise , le libertina-ge , & peut - être encore plus , l’excès des impôts & la dureté impito-yable de ceux qui les levoient , avoient attiré à Paris une foule de men-úians , qui fe fervoient de toutes fortes de moyens pour avoir de quoimener une vie licentieufe. Par piété, par charité, & aussi par politique,on établit , fous le nom dliôpital-général, trois maisons dans Paris pourles pauvres de l’un & l’autre sexe. Ils y furent entretenus avec foin.Tous ceux qui pouvoient travailler y furent occupés à différais ouvrages ;les vieillards & les infirmes y reçurent les foulagemens nécessaires, &tous y étoient instruits dans la Religion & dans la Piété. A cetteoccasion 011 frappa une Médaille, & ce n’est pas assurément la moins° glorieuse dont on a illustré ce règne, f
L a Charité y est répréfentée par une femme , qui tient un enfant en-tre ses bras , & qui en a deux autour d’elle. En éloignement on voitun Dôme & un amas de bâtimens. La Légende & l’Exergue en appren-nent l’ufage ; AlENDIS ET EDUCANDIS PAUPERIBUS iEDES EX-T R U C T ÍE ET FUNDATJE j Signifie , Maisons bâties V fondées four nourrirpour instruire les pauvres. Après-tout, ces établissemens ne peuvent êtreglorieux que pour ceux qui ne causent point eux-mêmes la misèrequ’ils soulagent.
D e Paris cet usage fe répandit bien-tôt dans les Provinces. II est peude Villes en France, tant soit peu considérables , qui n’ayent de ces for-tes de maisons. C’ést une preuve que si la misère y est plus grandequ’ailleurs, la Charité y est aussi plus étendue.
Findu Livre dix-neuvième.
HIS-