HISTOIRE
1657 -
Mort dequelquespersonnes il-lustres.
Caractère duPrésident deBelliè/re.tom, 4. pag.
tom. 4. pag.476 .
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changement de théâtre. C’ést ce qu’on a depuis appelle Opéra. II apris ensuite une forme stable, & est devenu un spectacle journalier, maistoujours beau , & digne de la curiosité des honnêtes-gens. Dans lescommencemens la dépense s’en faisoit aux fraix du Roi, ensuite elle s’estfaite par une espèce de taxe mise sur les spectateurs, plus ou moins forteselon la place qu’ils occupent. Le Duc de Modène ne fût qu’un moisà Paris. II retourna promptement en Italie , pour se mettre en état de rési-ster aux décréts de 1 Empereur, & aux troupes dont il se préparoit à lesappuïer.
Ce départ, & la mort de quantité de personnes considérables troublèrent& suspendirent les divertissemens. La Duchesse Nicole, femme du DucCharles prisonnier en Espagne , mourut à Paris , où elle demeurait de-puis que son époux l’avoit abandonnée pour épouser la Comtesse deCan te croix. Elle avoit eu la consolation de voir ce mariage déclaré nulpar l’autorité Ecclésiastique , & condamné par toute l’Europe. Le Ducde Chevreuse , fils du fameux Duc de Guise surnommé le Balaffré, lasuivit de près , âgé de plus de quatre-vingt ans. II avoit épousé laVeuve du Connétable de Luines , la femme la plus intriguante & la
E lus galante de son siècle, excepté peut-être , pour le dernier article , la)uchesse de Montbazon. Le Duc d’Elbœuf fut le troisième de la Maisonde Lorraine que la mort enleva au commencement de cette année. Le Ma-réchal de la MotheHoudancourt & le Président de Bellièvre eurent le mêmesort. Le Maréchal devoit sa fortune au crédit de Sublet des Noyers,dont il étoit parent ; il dût ses disgrâces , fa prison , le procès fâcheuxqu’il essuya, à l’impatience dont il supporta l’éloignement de son parent.11 fut un des Chefs des Parisiens en mille six cent quarante-neuf; il sefit peu estimer en cette occasion, & mérita encore moins de l’être, parla manière intéressée dont il fit son accommodement avec la Cour.
Pour le Président de Bellièvre , c’étoit, comme onl’a déjà dit, unhomme d’un vrai mérite, du moins par rapport à l’esprit. Monsieur deMontglat dit „ qu’il fût regretté universellement à la Cour , excepté„ du Cardinal Mazarin , qui le craignoit à cause de son humeur fière,„ généreuse & incapable de corruption Ce portrait est flatté. Ce-lui que Madame de Motte ville en a fait est plus sincère & plus ressem-blant. „ Sa modération habile, dit - elle , accompagnée de fermeté„ dont il usoit avec beaucoup d’art & de finesse , le faisoit craindre à„ la Cour & considérer en fa Compagnie. II agîssoit si sagement dans„ la conduite des affaires générales , qu’il donnoit au Ministre de vrais„ sujets de chagrin , fans lui donner lieu de se plaindre de lui. A l’é-„ gard de ceux dont il étoit le Chef , il savoit inspirer de la modéra-„ tion aux foibles , & corriger l’emportement des esprits violens. II„ étoit éloquent, il aimoit les plaisirs , fa maison étoit remplie de tou-„ tes sortes de délices pour les voluptueux. La magnificence , la bonne„ chère , la musique y regnoient. Plein de faste Sc de vanité il n’é-„ toit point laborieux , on ne le croioit pas même savant, & sa vie
avoit