DE LOUIS XIV. L IV. XIX.
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avoit quelque chose de scandaleux. On voioit d’ordinaire chez lui „ " m 1une mère & une fille , qui paroiísoient les maîtreíl'es de la maison , „ I6Y7.
ou plûtót de celui qui en étoit le maître; fi-bien qu’on peut dire de „lui, qu’il a eu plus de réputation qu’il ne méritoit d'en avoir. Par ces „mêmes raisons , fa mort fût agréable à celui qui le craignoit trop „pour le pouvoir regretter “. Les deux personnes que je viens deciter auroient pú dire , que ses liaisons avec tous les ennemis de latranquillité publique, & les dangereux conseils qu’il étoit capable de leurdonner, étoient la vraie raison pourquoi on le craignoit , & qu’on fûtbien aise d’en être délivré.
Cette joïe du Cardinal avoit été précédée d’un violent chagrin. La MotteviUiDuchesse de Mercosur fa nièce mourut en couche le huit février. lien tom.^.pag?fut fl touché, qu’il ne pût s’abstenir d’en donner d’éclatantes marques. 364.
II poussa des cris qui ne pouvoient venir que d’une douleur très sensi-ble. L’enfant que cette Duchesse mit au monde fût le Duc de Ven-dôme , dont nous aurons occasion de parler souvent avec éloge dansla dernière partie de cette Histoire.
Louis quatorze continùoit d’aimer Mademoiselle de Mancini, mais Pondèresnon pas autant qu’elle l’auroit souhaité. On pensa à la marier. Elle avoit ^Louisqua.été assez sage pour sentir que l’amitié du Roi n’étoit qu’un amuse- torze.ment ; elle n’étoit pas même satisfaite de voir que le Cardinal Mazarin Mottevìûe ,son Oncle ne penfoit point à sa fortune , & se servoit seulement lh ' íL $ ag ’d’elle , pour conserver son crédit auprès du Roi & le renfermer dans fa 4famille. Avec ces idées , elle renonça fans peine aux espérances quil’avoient flattée , & souhaita de profiter solidement de la faveur deson Oncle par quelque grand établissement. Elle le trouva en la per-sonne du Prince Eugène , fils du Prince Thomas de Savoye mort Tan-née précédente à Paris. Outre la naissance , qui ne pouvoit être plusillustre , elle trouva un honnête-homme , &sur-toutun mari. Ce Prin-ce étoit de la Maison de Savoie par son père , petit-fils- de Charles-quint par fa grand-mère, & du sang de France par la Princesse de Ca-rignan sa mère, sœur du dernier Comte de Soissons, dont il prit letitre. Le Roi vit ce mariage fans chagrin. Son indifférence confonditles calomnies , qu’on avoit répandues à ce sujet contre le Ministre ,qui , à ce que Ton avoit dit, poussoit son ambition jusqu’à vouloir pla-cer une de ses nièces fur le trône.
Cette indifférence du jeune Monarque ne dura pas longtems. Mal-gré les prières de fa sœur mourante, le Cardinal tira du Couvent cellede ses filles , qu’elle l’avoit conjuré d’y laisser. Elle n’étoit rien moinsque belle. Elle ■ étoit maigre , íès bras & son col décharnés paroissoientd’une longueur difforme ; elle étoit brune & jaune , ses yeux étoientgrands & noirs , mais encore rudes & fans feu , fa bouche étoit grande& platte. Tant de défauts n’étoient réparés que par la beauté de sesdents, & par l’espérance qu’elle avoit d’être un jour de belle taille. Sasœur Hortense encore enfant étoit déjà une beauté rare , fi connue de-puis