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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LI Y. XX. Z75

& du Colonel Morgan. Le Roi s’avança jusqu’à Montreûil, pour lesvoir palier. Ils allèrent joindre le Maréchal de Turenne, qui assembloitses troupes proche Saint-Quentin ; il marcha vers Aire & St. Orner. LesEspagnols craignant qu’il n’en voulût à quelqu’une de ces Places, affoi-blirent extrêmement les Garnisons des Places voisines, surtout de Cam-brai , où ils ne laissèrent que trois cens hommes. Le Général François,toujours attentif aux démarches de son ennemi, & qui dans ses mou-vemens avoit presque toujours en vue de l’engager à en faire dont il pût pro-fiter , rebroussa chemin & tomba tout d’un coup fur cette Place abandon-née. II n’avoit avec lui que fa cavalerie.

Dans cette surprise, les Espagnols tinrent de grands Conseils avecleur lenteur ordinaire, & la Ville eut été prise avant qu’ils eussent for-mé aucune résolution. Par bonheur pour eux le Prince de Condé arri-va ce jour-là même , vingt-neuf de mai, de Mons à Valenciennes. IIapprit que Cambrai étoit investi , & qu’à peine il tiendroit cinq ou sixjours s’il n’étoit promptement secouru. Toûjours actif & vigilant, ilprit son parti fur le champ. Sans délibérer il monta à cheval, il fit don-ner ordre à la cavalerie , qui étoit dans ces quartiers, de s’assembler endiligence. II la prit en passant, & fe trouva à la tête de quatre millecinq cent chevaux, avec lesquels il marcha toute la nuit.

L’infanterie de Mr. de Turenne n’avoit pas tardé à le joindre.II l’avoit aussitôt mise en œuvre. On avoit établi des ponts fur l’Escautau-dessus & au-dessous de la Ville, & à sept heures du soir on com-mença à travailler aux lignes. On croioit le Prince de Condé vers laMeuse, & on étoit assuré que la cavalerie Espagnole, quelque diligencequ’elle pût faire , ne pouvoit arriver que le lendemain , & l’on espéroitd’être si bien fermé, partie par des lignes, partie par les bagages de l’Armée& les chariots des vivres, qu’aucun secours ne pourroit pénétrer.

O n fût cependant averti qu’il étoit arrivé à Bouchain neuf escadrons.Mr. de Turenne crut qu’ils éviteroient le lieu où étoit le camp , & qu’ilsprendroient un détour , afin d’entrer fans opposition. II alla fe posterdans l’endroit par où il croioit qu’ils dévoient passer , & laissa le reste deses troupes étendues le long de la plaine. Pour cette fois, ce Généraln’avoit pas été bien instruit. C’étoit le Prince de Condé qui éfoit arrivéà Bouchain, non pas avec neuf escadrons seulement, mais avec vingt-fix. Egaré par ses guides, à qui il avoit ordonné de le conduire parl’endroit où le Maréchal de Turenne s’étoit posté, il prit le grand che-min de Bouchain à la Citadelle de Cambrai, où l’on n’étoit pas fort fur sesgardes. II passa à la faveur des ténèbres, fans rencontrer que quelquesescadrons, qu’il fit charger par quelques-uns des siens, tandis que lesautres gagnèrent la contrescarpe de la Citadelle. Monsieur de Turennene sut que le Prince de Condé s’étoit chargé lui-même de secourir Cam-brai, que lorsqu’on lui mena le Lieutenant-Colonel du Régiment d’En-guien, qu’on avoit fait prisonnier.

1657.

Qitìncy , tonl.1. pag. 219.

Le Prince deCondé se jet-te dans cet-te Place.Ouincy, tom.1. pag. 219.Montglat ,tom. 4. pag.I?9-

Mémo'res hi-storiques Uchronologi-ques.

Riencourt ,tom. 2. pag.

100.

Cett e