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Tome second.
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HISTOIRE

i6s7*

Vie du PrincedeCondé-,f«g- 47 ;-Turerme ,tom. ;. pag.aoç.

BuJJì , kom.86 .

I.L8 Frclnçvisle retirent.

Tom. 2.

2 >«g- 87 -

Ils assiègentMontmedi &le prennent.Quincy , tom.j. pag. 200.Momglat ,fo;«. 4. pag.141.

Mémoireshistoriques &chronologi-ques.

Turenne ,tom. pag.I09.

Cette expédition fit grand honneur au Prince de Coudé, quoi-qu’au fond elle n’eût rien de singulier que la diligence. Le hazard yeût peut-être plus de part que la bonne conduite. Le comte de Busha jugé à propos d’y trouver beaucoup d’habileté. II prétend qu’en cetteoccasion le Maréchal de Turenne fût la dupe de fa finesse & de sa pré-voyance. „ Le Maréchal, dit-il, avoit d’abord posté l’aíle droite de sa„ cavalerie fur une grande avenue, c’ést-à-dire, sur le grand chemin ;„ mais deux heures après aïant fait réflexion, que le Prince , qui favoit„ que le moindre Capitaine du Monde feroit assez fin, pour fe poster en„ pareille rencontre fur un petit sentier plutôt que sur un grand che-„ min, auroit assez bonne opinion de lui pour croire qu’il feroit autre„ chose, changea de poste & vint prendre celui d’une petite avenues„ II est vrai que par malheur le Prince jugea qu’il auroit fait la même„ réflexion, & venant par le grand chemin avec toute sa cavalerie , il„ entra dans Cambrai. La grande estime que le Prince avoit du Maré-„ chai lui attira cette disgrâce, & il eût mieux valu qu’il l’eût un peu„ moins estimé en cette occasion “. Ces réflexions font spirituelles, el-les font fines si l'on veut ; mais il faut avouer , que l’ignorance où étoitle Maréchal de Turenne que le Prince de Coudé fût à la tête du secours,leur ôte la plus grande partie de leur agrément.

Le reste de la nuit fe passa fans qu’on fût distinctement l’impor-tance du secours qui avoit passé. On le fut dès qu’il fût jour en voyanttrois ou quatre mille chevaux rangés en bataille fur la contrescarpe de laCitadelle. Mr. de Turenne, qui n’avoit entrepris ce siège que fur l’assû-rance que la Garnison étoit foible, ne délibéra point fur le parti qu’ilavoit à prendre. II rassembla ses troupes, releva tous ses ponts, fit re-charger ses bagages, marcha entre Cambrai & le Catelet, & fe retiravers St. Quentin. Sans doute qu’il fût fâché de voir ses mesures rom-pues , mais il n’étoit pas au désespoir, comme le dit Bussi, à cause dela gloire que le Prince de Condé venoit d’acquérir à ses dépens. Lesvrais connoisseurs avoueront, que cette gloire étoit des plus médiocres,& cette humiliation des plus legères.

Cette tentative manquée donna le terns à l’ennemi de fe former.Par-là les entreprises devinrent comme impossibles depuis la Mer jufqu’àl’Elcaut. Le Maréchal de la Ferté avoit aussi une Armée fur les frontiè-res de Champagne, à portée de venir en Flandre, ou d’entrer dans leLuxembourg. Le secours de six. mille Anglois ayant mis Monsieurde Turenne en état de contenir l’ennemi & de í’empêcher de faireaucune entreprise considérable, il fût résolu d’attaquer Arlon ou Mont-medi. Le Maréchal de la Ferté fût chargé de cette expédition. On secrut même assez fort en Flandre pour lui envoyer quatre mille hom-mes de pied. Ce Maréchal étoit à Rosoi quand il reçut cet ordre. IImarcha aussi-tót vers Rocroi pour attirer fur cette Place l’attention del’ennemi, & détacha le Comte de Grandpré avec mille chevaux pour in-vestir Montmedi. Les Espagnols avoient garni toutes leurs Places de

Flan-